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Société civile, politiciens et journalistes se mobilisent pour la libération du journaliste Zied El-Heni

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Crédit photo : Khaoula Boukrim

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Par Nadya Jennene

    Un collectif composé de centaines d’acteurs de la société civile, de la sphère politique, et médiatique a publié, lundi 27 avril 2026, un communiqué conjoint appelant à la libération du journaliste Zied El-Heni et dénonçant une intensification des pressions visant les médias indépendants.

    Dans cette déclaration adressée à l’opinion publique, les signataires affirment que le placement en garde à vue du journaliste, survenu le 24 avril 2026, s’inscrit dans une dynamique plus large de « pressions, poursuites et procès » ciblant les professionnels de l’information, précisant que les poursuites engagées contre le journaliste sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications sont attentatoires à la liberté d’expression et à l’exercice du métier de journaliste.

    Le communiqué établit un lien entre cette affaire et d’autres dossiers en cours, évoquant notamment l’incarcération des journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, détenus depuis plus de 700 jours, ainsi que les poursuites engagées à l’encontre de l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani. 

    Les signataires alertent également sur les menaces pesant sur le média indépendant Inkyfada, qui pourrait faire l’objet de mesures allant jusqu’à sa dissolution.

    Les auteurs du texte dénoncent le recours à des dispositions légales qu’ils qualifient de « non conformes à la Constitution et aux engagements internationaux de la Tunisie », notamment le décret-loi 54 et l’article 86 du Code des télécommunications, regrettant, en parallèle, la marginalisation du décret-loi 115, considéré comme le cadre juridique de référence pour le secteur des médias et de l’édition.

    Les signataires expriment en outre leur solidarité avec les structures professionnelles et indépendantes de défense de la liberté de la presse, parmi lesquelles le Syndicat national des journalistes tunisiens et le Conseil de la presse, ainsi qu’avec les médias alternatifs et les voix critiques, qu’ils estiment exposés à des campagnes de dénigrement et de harcèlement.

    Ils mettent en garde également contre ce qu’ils considèrent comme une dérive visant à « affaiblir les garanties démocratiques » acquises après 2011 et à instaurer un climat dominé par « la pensée unique ».

    Rappelant que la liberté d’expression et la liberté de la presse constituent des droits fondamentaux et des piliers essentiels de l’État de droit, ils appellent à « lever toute pression sur les médias et les journalistes ».

    Zied El-Heni a fait l’objet, dimanche, d’un mandat de dépôt émis par le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis, en attendant sa comparution devant la justice. Il a ensuite été décidé de le renvoyer devant la sixième chambre correctionnelle, avec une audience fixée au 30 avril 2026.

    Quelques jours plus tôt, le parquet avait ordonné son placement en garde à vue, à l’issue de son audition, dans le cadre d’une enquête portant sur des faits d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication ». 

    La procédure ferait suite à des déclarations attribuées au journaliste, dans lesquelles il aurait mis en cause des magistrats en des termes jugés offensants, évoquant notamment des accusations graves à leur encontre.

    Le Syndicat national des journalistes tunisiens a mandaté un avocat pour assister à l’audition du journaliste, précisant que les poursuites engagées reposent également sur l’article 86 du Code des télécommunications lequel prévoit des peines pouvant aller d’un à deux ans d’emprisonnement, assorties d’une amende, en cas d’atteinte intentionnelle à autrui ou à sa réputation via les réseaux publics de communication.

    N.J

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