Destinée aux personnes exclues du financement bancaire classique, elle occupe aujourd’hui une place croissante dans le pays, avec des centaines de milliers de bénéficiaires et un réseau composé de sociétés spécialisées et d’associations actives.
Mahmoud Montassar, directeur général de l’Autorité de contrôle de la microfinance, a présenté, lundi 27 avril 2026, au micro de Nabila Abid dans l’émission Yaoum Saïd sur la Radio nationale, les principaux indicateurs du secteur ainsi que les mécanismes instaurés pour protéger les emprunteurs, de la prévention du surendettement aux sanctions visant les pratiques abusives.
Sept sociétés de microfinance et près de 200 associations actives
Mahmoud Montassar a indiqué que la Tunisie compte actuellement sept sociétés de microfinance opérant dans le secteur du financement de petite taille. À côté de ces sociétés, il existe également près de 200 associations actives dans ce domaine. Selon lui, ces structures associatives font actuellement l’objet d’un programme de restructuration afin de les intégrer au nouveau cadre juridique régissant la microfinance en Tunisie.
Des financements plafonnés à 10.000 et 40.000 dinars
Le responsable a précisé que les montants accordés varient selon la nature de la structure prêteuse. Les financements peuvent ainsi atteindre 10.000 dinars pour les associations et 40.000 dinars pour les sociétés de microfinance. Ces montants visent principalement à soutenir des activités génératrices de revenus, des petits métiers, de l’artisanat, de l’agriculture ou encore de très petites initiatives entrepreneuriales.
Plus de 800.000 Tunisiens vivent grâce aux microcrédits
M. Montassar a souligné l’importance sociale et économique du secteur, affirmant que plus de 800.000 Tunisiens vivent grâce aux crédits de microfinance. Il a expliqué que les bénéficiaires sont généralement des personnes exclues du financement bancaire classique, faute de garanties suffisantes ou parce qu’elles ne répondent pas aux critères exigés par les banques traditionnelles.
Selon lui, la microfinance vient ainsi combler un vide en permettant à cette catégorie de population d’accéder à un financement adapté à ses besoins.
Une activité plus complexe qu’un simple prêt
Le directeur général de l’Autorité de contrôle de la microfinance a insisté sur le fait que la microfinance ne consiste pas uniquement à prêter de l’argent. Il a décrit cette activité comme une véritable industrie nécessitant des systèmes d’information performants, des outils de gestion du risque, des mécanismes de suivi des clients ainsi qu’une capacité d’accompagnement sur le terrain.
Il a estimé que ces institutions doivent aider les bénéficiaires à réussir leurs projets afin d’assurer, en retour, le remboursement des prêts.
Exemple du secteur agricole
Pour illustrer ses propos, Mahmoud Montassar a évoqué le cas d’un agriculteur ou d’un éleveur bénéficiant d’un financement. Selon lui, l’institution de microfinance ne doit pas se limiter à accorder un crédit, mais doit également accompagner le client face aux difficultés rencontrées dans son activité, notamment en l’orientant vers des solutions techniques ou des appuis spécialisés.
Il a indiqué que cet accompagnement renforce les chances de succès du projet financé et améliore la capacité de remboursement.
Une mission centrale : prévenir le surendettement
Mahmoud Montassar a insisté sur la nécessité de protéger les bénéficiaires contre l’endettement excessif. Il a expliqué que l’autorité dispose d’une centrale des risques dédiée à la microfinance, permettant aux institutions du secteur de consulter la situation d’un demandeur avant l’octroi d’un nouveau crédit.
Cet outil vise à éviter l’accumulation incontrôlée de dettes, la multiplication des crédits auprès de plusieurs organismes ainsi que les situations de fragilité financière.
Un encadrement réglementaire strict
Le responsable a rappelé que l’Autorité de contrôle de la microfinance supervise le secteur à plusieurs niveaux. Elle intervient notamment dans l’examen des demandes de création de sociétés spécialisées, la préparation des rapports transmis aux autorités compétentes, l’émission de circulaires et de notes réglementaires, les opérations de contrôle ainsi que la protection des clients.
Il a précisé que l’autorisation finale de création des sociétés est délivrée par le ministre des Finances sur la base d’un rapport motivé, émis par ses soins.
Transparence obligatoire envers les clients
Mahmoud Montassar a indiqué que les institutions de microfinance ont l’obligation d’informer clairement les clients avant tout engagement. Elles doivent notamment expliquer le coût du financement, le taux appliqué, les échéances de remboursement, les conséquences d’un retard de paiement ainsi que les procédures éventuelles en cas d’impayé.
Il a présenté cette exigence comme une forme essentielle de culture financière destinée à protéger les emprunteurs.
Des interventions contre des pratiques illégales
Le directeur général a affirmé que l’autorité est déjà intervenue à plusieurs reprises pour corriger certaines dérives. Il a cité le cas de sociétés ayant perçu des montants sans base légale, notamment des commissions non conformes à la réglementation.
Selon lui, les sommes indûment perçues ont été restituées aux clients concernés, certaines affaires ont donné lieu à des sanctions et au moins une société a été traduite devant le conseil de discipline.
Il a précisé que lorsque des irrégularités sont constatées, les remboursements concernent l’ensemble des clients touchés, et pas uniquement les personnes ayant déposé une plainte.
Une plateforme numérique pour les réclamations
M. Montassar a rappelé que les clients disposent d’une plateforme numérique dédiée au dépôt des réclamations. Celle-ci permet de transmettre une plainte, de suivre son traitement et d’assurer les échanges entre le client, l’établissement concerné et l’autorité.
Il a également mentionné le site officiel de l’institution, qui regroupe les textes législatifs, réglementaires et les différentes notes encadrant le secteur.
La microfinance comme outil d’inclusion économique
À travers son intervention, Mahmoud Montassar a présenté la microfinance comme un levier d’intégration économique pour des milliers de Tunisiens exclus des circuits bancaires traditionnels.
Mais il a également insisté sur un principe central : le développement du secteur doit s’accompagner d’un contrôle rigoureux, de transparence et de mécanismes de protection pour éviter les abus et préserver les emprunteurs les plus fragiles.
I.N.











2 commentaires
Malo
Vouloir détruire Lotfi Bouchnak pour une chanson sortie de son contexte montre un mal profond dans notre société : le besoin de trouver un coupable idéal. On dirait que les Tunisiens sont bloqués dans une vision tout en noir ou tout en blanc, où l’on adore des stars pour mieux les attaquer dès que ça va mal. C’est la réaction d’un peuple qui oublie vite et qui agit par colère plutôt que par réflexion pour cacher son propre désespoir. Pourtant, si l’on reste calme et logique, la vérité est claire.
La crise d’aujourd’hui ne vient pas de commencer et n’est pas la faute d’un chanteur. Ce sont les décisions politiques passées qui nous ont menés là : dès 2012, sous Moncef Marzouki, la Tunisie a permis à plusieurs pays d’Afrique de venir sans visa, sans aucun plan pour gérer ou intégrer ces personnes. Cette situation a été confirmée récemment par l’accord signé le 16 juillet 2023 avec l’Europe. Ce n’est pas l’artiste qui touche l’argent, c’est l’État qui a reçu une aide de plus de 105 millions d’euros l’année dernière pour gérer l’immigration. Ce n’est pas lui non plus qui loge ces migrants ou les fait travailler en cachette dans nos fermes ; ce sont des Tunisiens qui profitent d’une main-d’œuvre pas chère.
S’en prendre à l’artiste est une façon de se mentir à soi-même pour éviter de voir notre propre responsabilité et la faiblesse de nos chefs face aux pays étrangers. La réalité est là : le problème existe déjà. La solution n’est pas dans le racisme ou la haine sur internet, mais dans une vraie stratégie nationale. Il faut absolument fermer les frontières terrestres par respect pour notre pays. Ensuite, il faut compter précisément les migrants, car personne ne connaît leur nombre exact, ce qui empêche de prévoir l’avenir économique et garantir la sécurité. Entre le retour chez eux pour certains et l’intégration (sous conditions de respecter nos valeurs) pour les autres, l’État doit agir au cas par cas. Tout le reste n’est que du bruit inutile. La Tunisie doit arrêter de chercher des poux à ses artistes et s’attaquer au vrai problème, car les lois et la force du pays comptent plus que n’importe quel individu.
Même si je ne suis pas d’accord avec toutes les opinions qu’il donne dans les médias, comme lors de son passage chez Mona El Shazly dans l’une des émissions les plus regardées du monde arabe, il faut reconnaître qu’en tant que chanteur, il est au sommet. En tant que figure publique, on peut discuter ses idées avec des arguments sérieux et solides, mais on ne doit pas chercher à le détruire lui.
Malo
Derrière les discours humanistes sur « l’inclusion financière » se cache une réalité brutale. La microfinance est le cache-misère d’une économie incapable de créer des emplois dignes. On vend « l’entrepreneuriat » à des populations précaires pour masquer l’impuissance de l’État et la démission des banques classiques.
La logique est absurde : on demande aux plus pauvres d’être plus rentables que les riches. Avec des taux d’intérêt (TEG) qui frôlent les 30% en Tunisie (contre seulement 7 à 10% en Europe), on ne crée pas de la richesse, on gère de la survie. À ce niveau, ce n’est plus du crédit, c’est une rente sur la pauvreté.
Même nos voisins montrent les limites du modèle. Au Maroc, le microcrédit a déjà provoqué de graves crises de surendettement, tandis qu’en Algérie, l’État est obligé de subventionner massivement les taux pour éviter l’asphyxie. Dire que 800 000 Tunisiens vivent grâce à cela est un aveu d’échec. Ils ne vivent pas, ils s’endettent pour ne pas sombrer. Les « beaux mots » ne remplacent pas une vraie politique industrielle.