À l’occasion de la fête du Travail le 1er mai, l’UGTT a publié, mardi 28 avril 2026, un long communiqué dans lequel elle dresse un constat préoccupant de la situation économique et sociale en Tunisie, tout en appelant à un dialogue social « sérieux, responsable et contraignant ».
Une conjoncture nationale sous tension
La centrale syndicale souligne que cette célébration intervient dans un contexte marqué par une dégradation continue du pouvoir d’achat, une hausse des prix et une aggravation de la crise des finances publiques.
Selon le communiqué, les salariés et les retraités subissent une pression croissante entre stagnation des revenus et coût de la vie en hausse, tandis que la précarité s’étend désormais à des segments plus larges de la classe moyenne. Le chômage, notamment chez les jeunes et les diplômés, continue également de s’aggraver.
Parallèlement, l’UGTT pointe un recul de la qualité des services publics, attribué au manque d’investissement, à la pénurie de ressources humaines et financières, ainsi qu’aux dysfonctionnements administratifs.
Un appel à revoir les choix économiques
Face à cette situation, l’UGTT plaide pour une révision en profondeur des orientations économiques, estimant que les solutions ponctuelles adoptées jusqu’ici ne permettent pas de traiter les causes structurelles de la crise.
Elle appelle notamment à rompre avec un modèle de croissance jugé inéquitable, à réorienter l’économie vers la production et l’emploi, et à lutter contre l’économie de rente et le secteur informel. La centrale insiste également sur la nécessité de renforcer la justice fiscale, en élargissant l’assiette et en luttant contre l’évasion fiscale.
Transparence et souveraineté au cœur des revendications
Le syndicat insiste par ailleurs sur la nécessité de garantir la transparence dans les accords financiers, les concessions et les négociations avec les institutions internationales, considérant que les politiques économiques doivent rester sous contrôle citoyen.
Il réaffirme également son attachement à l’indépendance de sa décision et rejette toute forme de pression ou d’ingérence, appelant à des réformes fondées sur les ressources nationales et la bonne gouvernance.
Défense des libertés et rôle national du syndicat
Dans son communiqué, l’UGTT réitère son attachement aux libertés publiques, notamment la liberté syndicale et la liberté de la presse, qu’elle considère comme des acquis fondamentaux.
Elle met également en avant les conclusions de son dernier congrès, qui a réaffirmé la nécessité de renforcer la démocratie interne, la transparence et la gouvernance au sein de l’organisation.
Un contexte international préoccupant
Sur le plan international, la centrale syndicale évoque un environnement marqué par la montée des tensions géopolitiques et des conflits, dénonçant leurs répercussions sur les peuples et les classes laborieuses.
Elle réaffirme, dans ce cadre, son soutien à la cause palestinienne et sa solidarité avec les peuples confrontés aux conflits et aux ingérences étrangères.
En conclusion, l’UGTT estime que la sortie de crise passe nécessairement par un nouveau cadre de dialogue social, capable de poser les bases de réformes équilibrées conciliant justice sociale, efficacité économique et souveraineté nationale.
S.H










