La situation des marchés de gros en Tunisie connaît, depuis quelques semaines, une amélioration progressive, portée par un retour à des niveaux d’approvisionnement jugés satisfaisants. Invité mercredi 29 avril 2026 sur les ondes de la Radio nationale, Sofiene Tarmiz, président-directeur général de la Société tunisienne des marchés de gros (Sotumag), a dressé un état des lieux détaillé du marché, tout en mettant en avant les efforts engagés pour renforcer la transparence et la régulation des circuits de distribution.
Selon lui, le marché de gros de Bir El Kassaa, principale plateforme d’approvisionnement du pays, a retrouvé une dynamique normale après une période marquée par des perturbations climatiques ayant affecté certaines productions agricoles. « Le marché est aujourd’hui revenu à son rythme habituel, voire plus soutenu », a-t-il indiqué, rappelant que les pics d’activité se concentrent traditionnellement les mardis, jeudis et samedis.
Parmi les produits ayant connu des tensions, la tomate figure en tête. Le responsable a avancé que récemment les volumes étaient extrêmement faibles atteignant à peine quelques cargaisons par jour, notant que la situation s’est depuis nettement redressée, avec des apports quotidiens oscillant désormais entre 110 et 120 tonnes depuis environ deux semaines. Cette amélioration s’explique notamment par une stabilisation des conditions climatiques, après des épisodes de vents et de pluies ayant affecté les cultures sous serre, notamment celles de la tomate et du piment.
Ce retour à une offre plus abondante commence à se refléter sur les prix de gros. Sofiene Tarmiz a rappelé que ceux-ci obéissent avant tout à la loi de l’offre et de la demande : « Plus l’approvisionnement est important, plus les prix tendent naturellement à baisser ». À titre indicatif, le prix le plus couramment pratiqué pour la tomate se situe actuellement autour de 2,5 dinars le kilogramme, bien que des variations existent selon la qualité et le calibrage. La pomme de terre se maintient, quant à elle, autour d’un dinar, tandis que le piment s’établit à environ deux dinars et l’oignon à 1,5 dinar.
Toutefois, le PDG de la Sotumag a insisté sur la nécessité de distinguer les prix de gros des prix de détail, ces derniers faisant souvent l’objet de critiques de la part des consommateurs. Afin de mieux encadrer les marges et garantir la transparence des transactions, la société publie quotidiennement une mercuriale des prix destinée aux opérateurs et aux services de contrôle relevant du ministère du Commerce.
Dans ce cadre, une campagne de contrôle conjointe a été lancée le 25 avril 2026, mobilisant 25 équipes issues des services du commerce, de l’agriculture et du ministère de l’Intérieur. Cette opération vise à suivre les prix tout au long des circuits de distribution et à identifier d’éventuelles pratiques abusives, notamment au niveau du commerce de détail. « Des infractions ont été relevées et des mesures ont été engagées à l’encontre des contrevenants », a précisé le responsable, soulignant la volonté de lutter contre toute atteinte au pouvoir d’achat des consommateurs.
Au-delà du contrôle, le PDG de la Sotumag a mis l’accent sur la modernisation et la digitalisation des marchés. Depuis le 22 avril 2026, une nouvelle plateforme de traçabilité des produits de la pêche a été mise en service. Elle impose aux mandataires de saisir, avant toute vente, un ensemble de données précises relatives aux produits : origine, quantité, poids, fournisseur et prix. Cette mesure vise à garantir une correspondance stricte entre les volumes déclarés et les transactions réalisées, renforçant ainsi la transparence.
Parallèlement, de nouvelles exigences ont été introduites pour les produits importés. Les opérateurs doivent désormais fournir un ensemble de documents, incluant la déclaration en douane, la facture d’achat, le certificat d’origine ainsi que les attestations sanitaires. L’objectif est double : assurer la qualité des produits et disposer d’une meilleure visibilité sur les coûts réels, afin d’encadrer les prix sur le marché national.
Sofiene Tarmiz a toutefois reconnu que ces efforts de régulation pourraient encourager certains opérateurs à se tourner vers les circuits informels. Un risque que la Sotumag entend limiter en plaidant pour une généralisation des règles à l’ensemble des marchés. « La régulation ne doit pas être confinée aux seuls marchés organisés. Elle doit s’appliquer partout pour éviter les dérives et éliminer les refuges du commerce parallèle », a-t-il insisté.
Dans cette perspective, l’entreprise publique ambitionne de faire du marché de Bir El Kassaa un modèle de gouvernance, fondé sur la transparence, la traçabilité et la digitalisation. Une approche qui, selon son PDG, commence déjà à susciter l’intérêt d’autres régions souhaitant s’aligner sur cette expérience.
S’agissant des perspectives, Sofiene Tarmiz s’est montré relativement optimiste. Avec l’amélioration attendue des conditions climatiques et la poursuite du renforcement de l’offre, les prix devraient continuer à se stabiliser, voire à baisser dans les prochaines semaines. « L’augmentation de l’offre reste le principal levier pour contenir les prix », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation collective pour consolider cette dynamique.
N.J










