La dynamique démographique en Tunisie continue de susciter interrogations et analyses, à la lumière de mutations sociales profondes. Parmi les facteurs explicatifs avancés, la migration apparaît désormais comme un élément structurant, ainsi que l’a souligné l’universitaire et spécialiste en sociologie, Mohamed Ali Ben Zina, Mercredi 29 avril 2026.
Intervenant sur les ondes de Diwan FM, dans l’émission Houna Tounes, le chercheur a mis en évidence une hausse significative du nombre de Tunisiens ayant quitté le territoire national au cours de l’année 2024. Selon les données qu’il a présentées, près de 156 000 citoyens ont émigré durant cette période, soit une progression spectaculaire de 137% par rapport aux chiffres enregistrés en 2014.
Au-delà de l’ampleur quantitative du phénomène, Mohamed Ali Ben Zina a insisté sur sa dimension qualitative, révélatrice de transformations sociétales majeures. En effet, près de 40% des migrants tunisiens sont titulaires de diplômes de l’enseignement supérieur, ce qui met en lumière une intensification préoccupante de la fuite des compétences. Cette tendance traduit, selon lui, une quête accrue d’opportunités professionnelles et de conditions de vie jugées plus favorables à l’étranger.
Le sociologue a également attiré l’attention sur l’évolution du profil des migrants. Il a ainsi relevé une augmentation notable de la proportion de femmes parmi les départs, signe d’un élargissement du phénomène migratoire à des catégories traditionnellement moins représentées. Cette féminisation de la migration témoignent d’un changement des aspirations individuelles et des stratégies familiales face aux défis économiques et sociaux.
Dans ce contexte, la migration ne se limite plus à un simple phénomène conjoncturel, mais s’impose comme un facteur déterminant dans l’analyse de la baisse démographique en Tunisie. Elle agit directement sur la structure de la population active et sur le renouvellement des générations, accentuant ainsi les déséquilibres démographiques déjà perceptibles.
Entre vieillissement de la population, recul de la natalité et exode des forces vives, la Tunisie est confrontée à des enjeux majeurs nécessitant des réponses structurelles et des politiques publiques adaptées.
N.J










