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Classement RSF : la Tunisie en recul, la liberté de la presse sous pression croissante 

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Par Nadya Jennene

    La Tunisie a enregistré un nouveau repli dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, passant de 129e en 2025 avec un score de 43,48 points à 137e en 2026 avec un score de 40,43 points. Dans son dernier rapport, l’organisation a dressé un constat alarmant de l’évolution de la situation médiatique dans le pays, soulignant une détérioration progressive depuis plusieurs années.

    RSF a rappelé qu’à la suite de la révolution de 2011, qui avait entraîné la chute de Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie s’était engagée dans une transition démocratique porteuse d’espoirs, notamment en matière de liberté d’expression. Toutefois, l’ONG a avancé que le tournant politique opéré en juillet 2021 par Kaïs Saïed avait ravivé les craintes d’un recul des acquis, en particulier dans le domaine des libertés publiques.

    Dans son analyse du paysage médiatique, RSF a noté que la diversification observée après 2011 s’était accompagnée d’une fragilisation économique des médias, les rendant plus vulnérables aux influences politiques et financières. L’organisation a souligné également la montée d’un discours médiatique dominant favorable au pouvoir en place, ainsi que l’intensification des pressions sur les organes critiques, pouvant aller jusqu’à leur suspension.

    Sur le plan politique, RSF a mis en avant une dégradation des relations entre les autorités et la presse. Le rapport a  relevé que depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le président Kaïs Saïed n’avait reçu aucun journaliste au palais de Carthage, en dépit des protestations du Syndicat national des journalistes tunisiens. L’ONG a noté en outre que le chef de l’État avait, à plusieurs reprises, appelé les médias publics à s’inscrire dans ce qu’il qualifie de « guerre de libération nationale », ce qui, selon RSF, alimente les inquiétudes quant à l’indépendance éditoriale.

    Le cadre légal fait également l’objet de critiques appuyées, RSF considérant que la Constitution adoptée en 2022, en renforçant les pouvoirs présidentiels, a affaibli les contre-pouvoirs institutionnels. L’organisation a pointé aussi le recours au décret-loi 54 sur les « fausses informations », perçu comme un instrument susceptible de restreindre la liberté d’expression. Elle a noté par ailleurs que la justice continuait de s’appuyer sur des textes hérités de l’ère Ben Ali, au détriment des réformes plus libérales adoptées après la révolution.

    L’ONG a insisté également sur les contraintes économiques pesant sur les médias tunisiens. Selon elle, la dépendance aux revenus publicitaires, dans un marché en contraction et peu régulé, compromet l’indépendance des rédactions. Cette situation pousse certains médias à privilégier des contenus commerciaux au détriment de l’information.

    RSF a aussi alerté sur un climat sociétal et sécuritaire de plus en plus hostile aux journalistes. Le rapport a évoqué la multiplication des campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux, ainsi que des cas d’intimidation et de poursuites judiciaires visant des professionnels des médias, citant notamment le cas du journaliste Mourad Zeghidi, détenu depuis 2024, comme illustration de cette tendance.

    Elle a conclu son rapport en mettant en garde contre une érosion continue de la liberté de la presse en Tunisie, estimant que les acquis de la période post-révolutionnaire sont désormais sérieusement menacés.

    N.J

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    Commentaire

    1. EN QÔMPARAISON AVEC LE BOND SPECTACULAIRE SYRIEN DES PLUS PROMETTEURS... LA DÉGRADATION KONTINUE VERS LES QÔMBLES DE LA BAASSESSE POUR LE REGIME DE MOLLAH ZAIFOUN EN SON DOUBLE QUINKHANNAT PESTILENTIEL !

      Répondre
      30 avril 2026 | 13h12

      137… Ou les résultats une « presse tunisienne » (eut elle jamais été d ailleurs digne du nom de Presse) réduite à KaKaste des plus catastrophiKS de l’Histoire voire du Monde !

      Secteur des prioritaires le moment dégagiste venu…

    Répondre

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