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Arnaques en ligne : 26 arrestations et un système bien rodé mis à nu

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Par Sarra Hlaoui

    Derrière les écrans et les promesses trop belles pour être vraies, un véritable petit système s’était installé. Samedi 2 mai 2026, la Direction générale de la sûreté nationale a annoncé avoir mis fin aux activités d’un réseau spécialisé dans l’escroquerie électronique et le blanchiment d’argent. Bilan : 26 personnes arrêtées.

    L’opération, pilotée par la police judiciaire, n’est pas le fruit du hasard. Elle s’appuie sur des semaines d’investigations mêlant travail de terrain, analyses techniques et recoupement des témoignages de victimes. Autrement dit, un puzzle patiemment reconstitué.

    Des arnaques bien huilées

    Le mode opératoire n’a rien d’amateur. Faux profils, fausses pages, offres alléchantes… les escrocs commencent par appâter. Une fois la confiance installée, ils passent à l’étape suivante : le piratage de comptes.

    Mais c’est là que le scénario prend une tournure plus inquiétante. Les comptes compromis deviennent des outils d’arnaque à leur tour. Les fraudeurs contactent les proches des victimes en se faisant passer pour des agents de sécurité, allant jusqu’à prétendre que la personne est retenue dans une unité sécuritaire.

    La suite est bien rodée : intervention d’un supposé “avocat”, pression psychologique, urgence et demande d’envoi d’argent via mandat postal pour “régler” une situation fictive. Une mécanique simple, mais redoutablement efficace.

    Argent recyclé, réseau structuré

    L’argent récupéré ne reste pas longtemps en circulation brute. Il est rapidement retiré, redistribué et injecté dans des circuits de blanchiment, avec l’aide de complices. Le tout laisse entrevoir une organisation structurée, loin de la petite arnaque isolée.

    Les saisies réalisées lors de l’opération : véhicules, téléphones, documents financiers et liquidités, confirment l’ampleur du dispositif.

    Une tendance qui s’installe

    Les 26 suspects ont été placés en garde à vue sur décision du parquet près le Tribunal de première instance de Tunis. Les charges sont lourdes : escroquerie, blanchiment, atteinte aux systèmes informatiques, traitement illégal de données et appartenance à une organisation criminelle.

    Mais au-delà de ce coup de filet, c’est une tendance de fond qui se dessine. Les cyberarnaques gagnent du terrain en Tunisie, portées par des méthodes de plus en plus sophistiquées et une exploitation assumée des réflexes humains notamment la confiance, l’urgence et la peur.

    En clair, la technologie n’est qu’un outil. Le vrai levier reste psychologique.

    L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuelles ramifications. Et, en attendant le prochain démantèlement, une constante demeure : face à ce type de pièges, la vigilance reste souvent la seule ligne de défense.

    S.H

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