La scène culturelle tunisienne perd l’une de ses plumes les plus exigeantes. Le critique et universitaire Mohamed Messaoud Driss s’est éteint lundi 4 mai 2026, suscitant une vague d’émotion dans les milieux artistiques et académiques.
Dans un communiqué publié le même jour, le Ministère des Affaires culturelles a annoncé avec « une profonde tristesse et affliction » le décès de celui qui fut à la fois enseignant, critique et fin connaisseur des arts de la scène. Figure respectée du paysage culturel, le défunt laisse derrière lui un héritage intellectuel conséquent.
Mohamed Messaoud Driss a occupé plusieurs fonctions au sein du ministère, notamment en tant que conseiller du ministre de la Culture entre 2018 et 2019, ainsi que directeur général de l’administration des arts scéniques et audiovisuels. Un parcours institutionnel qui témoigne de son implication dans les politiques culturelles du pays.
Mais c’est surtout dans le champ académique et critique qu’il s’est imposé. Professeur de l’enseignement supérieur en sciences culturelles (arts du spectacle) à l’Université de Tunis, il a consacré une grande partie de sa carrière à l’étude du théâtre tunisien, dont il était l’un des observateurs les plus rigoureux. Parmi ses ouvrages les plus connus figure « Bibliographie du théâtre tunisien », référence pour les chercheurs et étudiants du domaine.
Auteur prolifique, Mohamed Messaoud Driss a également signé plus de quarante articles scientifiques abordant des thématiques aussi variées que le patrimoine, la politique, la musique et le chant. Il a en outre présidé des jurys de doctorat au sein de l’université tunisienne, contribuant à la formation de nouvelles générations de chercheurs.
Dans un message empreint d’émotion, l’Institut supérieur d’art dramatique de Tunis a salué la mémoire d’un « grand professeur », soulignant son apport majeur à la recherche et à la transmission du savoir dans le domaine des arts vivants.
Avec la disparition de Mohamed Messaoud Driss, le théâtre tunisien perd non seulement un critique averti, mais aussi un passeur de savoir dont l’empreinte continuera de marquer durablement la scène culturelle nationale.
Qu’il repose en paix










