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Escroqueries en ligne, blanchiment, cryptomonnaies, trafic de cannabis… vaste coup de filet des forces de sécurité

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Par Myriam Ben Zineb

    Nouveau coup dur porté aux réseaux criminels en Tunisie. Le ministère de l’Intérieur a annoncé, lundi 4 mai 2026, une série d’opérations menées conjointement par les unités de la police et de la garde nationales, ayant permis de démanteler plusieurs structures actives dans l’escroquerie électronique, le blanchiment d’argent et le trafic international de drogue.

    Faux profils, comptes piratés et faux avocats

    Premier dossier : une enquête menée par les unités de la sous-direction des affaires criminelles de la police judiciaire a permis de mettre fin aux activités d’un réseau organisé spécialisé dans la fraude en ligne et le blanchiment d’argent.

    Le mode opératoire, particulièrement élaboré, reposait sur la création de faux comptes et de pages fictives sur les réseaux sociaux, utilisés pour proposer divers produits à des prix défiant toute concurrence. Une fois les victimes mises en confiance, les membres du réseau passaient à l’étape suivante : le piratage de comptes personnels.

    À partir des comptes compromis, les escrocs contactaient ensuite des proches figurant dans la liste d’amis de la victime, leur faisant croire que celle-ci se trouvait retenue dans une unité sécuritaire. Un prétendu avocat entrait alors en scène, réclamant l’envoi urgent d’un mandat postal pour régler une supposée amende et permettre sa libération.

    Une mise en scène bien rodée… qui a finalement conduit à la chute du réseau

    L’opération a abouti à l’interpellation de 26 suspects. Les forces de l’ordre ont également saisi deux camions, six motos, plusieurs téléphones portables utilisés dans les transferts, des documents liés aux opérations financières ainsi que des sommes d’argent.

    Après consultation du parquet près le tribunal de première instance de Tunis, tous les suspects ont été placés en garde à vue pour une série de chefs d’accusation liés notamment au blanchiment d’argent, aux atteintes aux systèmes informatiques, à l’exploitation illégale de données personnelles et à la constitution d’une organisation criminelle.

    Dix mois d’enquête pour faire tomber un réseau international

    Dans un second dossier, la brigade centrale de lutte contre les stupéfiants relevant de la garde nationale à Ben Arous, en coordination avec le parquet près le tribunal de première instance de Sousse 2, a mené une opération de longue haleine qui s’est étalée sur dix mois.

    Cette enquête a permis de démanteler un réseau international impliqué dans le trafic de cannabis vers la Tunisie, tout en remontant ses circuits de financement et de blanchiment.

    Le bilan est conséquent : 67 personnes, tunisiennes et étrangères, ont été placées en garde à vue, tandis que 29 autres ont été activement recherchées.

    Les saisies donnent la mesure de l’ampleur du réseau : 106,5 kilogrammes de cannabis, 1,442 million de dinars en liquide, des bijoux estimés à près de 600.000 dinars, ainsi que 26 véhicules utilisés dans les opérations de contrebande ou acquis grâce à des revenus illicites.

    Les investigations ont également mis au jour des opérations de blanchiment passant par des actifs numériques, notamment des cryptomonnaies comme le Bitcoin.

    Au total, 17 procès-verbaux judiciaires ont été dressés dans cette affaire, portant sur des dossiers liés aux stupéfiants, au change parallèle et au blanchiment d’argent à l’échelle transnationale.

    M.B.Z

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