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Climat : la Tunisie se dirige vers un été plus chaud et plus sec, alertent les experts

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Par Myriam Ben Zineb

    Alors que la Tunisie s’apprête à tourner la page du printemps, l’enseignant-chercheur en géographie et climatologue Zouhaier Hlaoui a livré, mardi 5 mai 2026, sur Express FM, une lecture sans détour des tendances climatiques qui se dessinent pour les prochains mois. Si la période actuelle reste, selon lui, « ordinaire » pour une saison de transition, les indicateurs disponibles annoncent en revanche un été qui pourrait être particulièrement chaud et sec.

    « Nous sommes en pleine saison transitoire et nous nous dirigeons vers une saison estivale plus chaude et plus sèche », a-t-il expliqué, précisant que cette phase de transition printanière ne présente, pour l’heure, rien d’exceptionnel.

    Mais les projections pour les mois à venir sont plus préoccupantes. Le climatologue s’est notamment appuyé sur les dernières statistiques et prévisions publiées par Institut national de la météorologie, qui tablent sur des températures supérieures aux moyennes saisonnières durant l’été 2026.

    Une Méditerranée devenue « point chaud » climatique

    Pour Zouhaier Hlaoui, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large qui touche l’ensemble du bassin méditerranéen, qu’il décrit comme l’un des « points chauds » de la planète en matière de dérèglement climatique.

    Selon lui, la région connaît une hausse notable des températures depuis plusieurs années, une tendance observée de manière particulièrement marquée au cours des six dernières années et qui devrait, selon les projections, se poursuivre durant l’été prochain.

    Le spécialiste appelle également à surveiller de près les vagues de chaleur, mais surtout le facteur humidité, souvent sous-estimé dans la perception du risque climatique.

    « Même avec 35 degrés, un taux d’humidité élevé peut fortement augmenter le ressenti thermique et perturber le corps humain », a-t-il averti, soulignant les impacts potentiels sur la santé, notamment lors des épisodes de chaleur prolongée.

    Le réchauffement de la mer, un signal à surveiller

    Autre indicateur jugé particulièrement révélateur : la température de la mer. Selon Zouhaier Hlaoui, la mer agit comme une véritable réserve thermique, absorbant la chaleur durant les mois chauds avant de la restituer en automne et en hiver.

    Un phénomène qui, selon lui, contribue à renforcer l’intensité des perturbations climatiques et à accentuer certains épisodes météorologiques extrêmes.

    Des alertes qui se multiplient

    Les déclarations de Zouhaier Hlaoui interviennent quelques jours après les mises en garde formulées par l’ingénieur en halieutique et en environnement Hamdi Hached.

    Ce dernier avait évoqué plusieurs signaux jugés préoccupants à l’approche de l’été, notamment un possible retour du phénomène El Niño, avec une probabilité estimée à 60% durant l’été 2026.

    S’appuyant sur des modèles climatiques internationaux, Hamdi Hached avait également alerté sur la possibilité d’un épisode parmi les plus puissants observés depuis près de 150 ans, avec, à la clé, des vagues de chaleur plus longues, un réchauffement accru des eaux marines et des épisodes météorologiques extrêmes susceptibles d’affecter indirectement la Tunisie.

    Dans ce contexte, les experts convergent sur un même constat : la mer Méditerranée, dont les températures ont déjà atteint des niveaux inhabituels ces dernières années, pourrait jouer un rôle déterminant dans l’intensification des phénomènes climatiques à venir.

    M.B.Z

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