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Oui, il existe 1400 cas de tuberculose liés au lait non pasteurisé en Tunisie

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    Une information largement partagée sur les réseaux sociaux affirme que près de 3500 cas de tuberculose seraient enregistrés chaque année, dont environ 1400 liés à la consommation de lait non pasteurisé, soit près de 80 % des cas d’origine bovine. Très relayée, cette affirmation a suscité de nombreuses réactions d’internautes, entre inquiétude sanitaire et remise en question des habitudes de consommation, certains allant jusqu’à appeler à l’arrêt total des produits laitiers traditionnels.

    Face à l’ampleur de la diffusion, nous avons vérifié ces affirmations. Il ressort que ces chiffres trouvent leur origine dans des déclarations publiques de responsables du secteur de la santé en Tunisie. Le vétérinaire Ahmed Rajeb a notamment évoqué environ 3500 cas de tuberculose recensés chaque année, dont près de 1400 seraient liés à la consommation de lait non pasteurisé et de ses dérivés, avec une transmission majoritairement d’origine bovine. De son côté, Abdelraouf Mansouri, impliqué dans le programme national de lutte contre la tuberculose au ministère de la Santé, a confirmé que la maladie reste présente en Tunisie, qu’elle soit pulmonaire ou ganglionnaire, tout en insistant sur l’importance du dépistage précoce et de la prévention.

    Ces déclarations officielles confirment donc qu’il existe bien un risque sanitaire lié à la consommation de produits laitiers non contrôlés, et confirment ces chiffres. La tuberculose est avant tout une maladie infectieuse causée par une bactérie, généralement transmise par voie aérienne entre humains. Toutefois, une forme particulière, appelée tuberculose bovine, peut être transmise à l’homme par ingestion de lait cru contaminé, notamment lorsque celui-ci n’a pas été pasteurisé.

    D’un point de vue scientifique, ce lien est bien documenté. L’agent responsable, une bactérie proche de celle de la tuberculose humaine, peut infecter les bovins et être excrété dans le lait. Des études menées par des organisations comme l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture montrent que la pasteurisation du lait permet d’éliminer efficacement cette bactérie, réduisant considérablement le risque de transmission à l’être humain. À l’inverse, la consommation de lait cru ou de produits dérivés non contrôlés expose à un risque réel, en particulier dans les zones où la surveillance sanitaire des troupeaux est insuffisante.

    Les symptômes de la tuberculose incluent une toux persistante durant plus de deux semaines, parfois accompagnée de sang, une perte de poids, une fatigue importante, une perte d’appétit ainsi que des sueurs nocturnes. La vaccination protège principalement les enfants contre les formes graves, mais ne prévient pas totalement l’infection, d’où l’importance des mesures de prévention.

    Ainsi, si les chiffres relayés sur les réseaux sociaux reposent sur des déclarations réelles. La tuberculose reste une maladie complexe, dont la transmission est multiple, et le lait non pasteurisé constitue un facteur de risque parmi d’autres, bien identifié par la recherche scientifique et les autorités sanitaires.

    R.A.

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