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« 26.000 naissances “africaines” » : une fausse statistique attribuée à l’INS qui alimente les tensions

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    Une publication virale sur les réseaux sociaux prétend que l’Institut national de la statistique aurait diffusé des chiffres précis concernant les naissances d’enfants africains en Tunisie. Le message affirme notamment que 26 780 enfants africains seraient nés en Tunisie depuis 2023, dont 17 560 sans filiation paternelle déclarée, et que 21 780 enfants auraient obtenu un acte de naissance portant la nationalité tunisienne. Présentées comme des données officielles, ces informations ont suscité de nombreuses réactions et inquiétudes.

    Après vérification, ces chiffres ne reposent sur aucune source crédible. L’Institut national de la statistique n’a jamais publié de telles données, et aucune trace de ces statistiques n’apparaît dans ses rapports ou communications officielles. Il s’agit donc d’informations fabriquées, sans fondement, qui ne correspondent à aucune réalité statistique vérifiable.

    L’examen de cette publication montre qu’elle s’inscrit dans une dynamique plus large de désinformation visant les migrants subsahariens. L’usage de chiffres détaillés, mais invérifiables, donne une illusion de précision et de crédibilité, tout en alimentant un récit alarmiste. L’insistance sur l’absence supposée de filiation paternelle ou sur l’attribution de la nationalité tunisienne contribue à entretenir des idées fausses sur les règles d’état civil et de nationalité.

    Il convient également de souligner une contradiction dans ce type de discours , ces publications évoquent une prétendue transformation démographique liée à des « Africains », en opposant implicitement ces derniers aux Tunisiens, alors même que les Tunisiens sont eux-mêmes Africains. Cette rhétorique repose sur une construction artificielle de l’altérité et renforce des clivages identitaires infondés.

    En réalité, ce type de contenu participe à la diffusion d’un discours de haine ciblant les migrants subsahariens. En relayant des chiffres inexacts et des affirmations trompeuses, ces publications contribuent à leur stigmatisation et exacerbent les tensions sociales.

    R.A.

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