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Eau, chiens errants, santé publique… à l’ARP, deux textes qui touchent au quotidien des Tunisiens arrivent sur la table

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Par Myriam Ben Zineb

    L’eau qui ne coule plus dans certaines zones rurales. Des familles contraintes de parcourir des kilomètres pour remplir quelques jerricans. Des chiens errants qui sèment l’inquiétude dans plusieurs quartiers, tandis que la question de la rage refait régulièrement surface… C’est autour de ces réalités très concrètes que s’est tenue, mardi 5 mai 2026, une réunion de la commission de l’Agriculture à l’Assemblée des représentants du peuple.

    Pendant plusieurs heures, les députés se sont penchés sur deux propositions de loi aux enjeux particulièrement sensibles : la première concerne la gestion de l’eau potable dans les régions rurales, la seconde, la protection animale et la gestion des chiens errants.

    Mettre fin à la « soif » dans les zones oubliées

    Premier dossier sur la table : la proposition de loi n°86 de 2024, qui vise à revoir en profondeur le fonctionnement de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux.

    Pour les députés à l’origine du texte, le constat est sans appel : dans plusieurs régions, le modèle des groupements hydrauliques a montré ses limites. Réseaux usés, équipements vieillissants, manque de gouvernance, difficultés financières, soupçons de mauvaise gestion… au fil des années, certaines structures se sont retrouvées incapables d’assurer un approvisionnement régulier en eau potable, privant des milliers de citoyens d’un service pourtant fondamental.

    Face à ce constat, les auteurs du texte proposent un changement radical : tourner définitivement la page des associations hydrauliques dans le domaine de l’eau potable et transférer progressivement leurs missions à la Sonede.

    L’objectif est de garantir une distribution plus équitable de la richesse hydrique entre les différentes régions du pays et assurer à chaque Tunisien son droit constitutionnel à l’eau.

    Dans l’hémicycle, l’initiative a trouvé un écho favorable. Plusieurs députés y voient une réponse concrète à ce que certains qualifient désormais de « crise de la soif » dans plusieurs zones rurales.

    Mais les interrogations n’ont pas tardé. Que faire des dettes accumulées par ces structures ? Quel avenir pour leurs employés ? Et surtout, la Sonede, elle-même confrontée à des infrastructures vieillissantes et à des projets de modernisation en retard, a-t-elle réellement les épaules pour absorber de nouvelles responsabilités ?

    En réponse, les députés porteurs du projet ont assuré que le texte prévoit une transition progressive, encadrée par des dispositions transitoires, avec transfert des biens, régularisation administrative et solutions en cours d’étude pour l’apurement ou l’échelonnement des dettes, dans le cadre du plan de développement 2026-2030.

    Chiens errants, rage, protection animale… un débat qui dépasse la simple question des animaux

    Le second texte examiné, la proposition de loi n°74 de 2024, a suscité lui aussi un débat nourri.

    Cette fois, il est question de la détention et de la circulation des animaux carnivores domestiques, mais aussi, en filigrane, d’un sujet devenu explosif dans plusieurs villes tunisiennes : la prolifération des chiens errants.

    Les auteurs du texte estiment que la législation actuelle est devenue obsolète et ne répond plus aux réalités du terrain. Entre multiplication des attaques, préoccupations sanitaires, transmission de maladies comme la rage et méthodes de gestion souvent contestées, ils plaident pour une refonte complète de l’approche tunisienne en matière de protection animale.

    Le texte défend une autre philosophie : moins de campagnes de chasse, davantage de prévention, de stérilisation et de protection animale, tout en préservant l’équilibre écologique.

    L’initiative a été globalement saluée par les députés, qui y voient une tentative d’alignement sur les standards internationaux. Mais là aussi, les questions ont fusé.

    L’administration tunisienne dispose-t-elle réellement des moyens techniques et financiers pour appliquer une loi aussi ambitieuse ? Pourquoi créer un nouveau texte plutôt que modifier les lois déjà existantes ? Comment garantir l’efficacité des programmes de stérilisation ?

    Certains élus ont même proposé de regrouper temporairement les chiens errants dans des espaces dédiés.

    Une idée rejetée par les auteurs de la proposition, qui ont défendu une approche différente : selon eux, l’animal doit rester dans son environnement naturel afin de préserver l’équilibre biologique, à condition que l’État mette en place une véritable stratégie nationale de stérilisation et de protection.

    La suite dans les prochaines semaines

    À l’issue des travaux, les membres de la commission ont convenu de poursuivre l’examen de ces deux textes à travers de nouvelles auditions avec les ministères concernés, les organisations nationales et les experts spécialisés.

    Deux propositions de loi, deux débats très différents… mais un même fil conducteur : répondre à des crises qui, derrière les chiffres et les textes, touchent directement le quotidien des Tunisiens.

    M.B.Z

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