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« Qu’ils meurent » : après une vidéo de sauvetage en mer, la haine décomplexée s’affiche sur les réseaux

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Par Myriam Ben Zineb

    Une vidéo montrant des marins tunisiens secourir des migrants en détresse au large de Ben Guerdane, initialement diffusée en février 2026, refait surface depuis quelques heures sur les réseaux sociaux. Repartagée à nouveau entre les 6 et 7 mai 2026, elle n’a pas seulement ravivé les réactions… elle a surtout libéré une avalanche de commentaires glaçants.

    « Laissez-les se noyer », « Qu’ils meurent », « Ramenez-les chez vous »… Sous la publication, plusieurs internautes n’ont pas hésité à appeler publiquement à l’abandon de personnes en danger, affichant une parole décomplexée, brutale, assumée, où l’autre cesse d’être un être humain pour devenir un fardeau dont certains souhaitent se débarrasser.

    Les captures d’écran qui circulent depuis plusieurs heures témoignent moins d’un dérapage isolé que d’une banalisation progressive d’un discours xénophobe dans l’espace numérique tunisien.

    Cette libération de la parole fascisante n’est pas sans rappeler le climat installé depuis février 2023, lorsque le président de la République, Kaïs Saïed, avait évoqué l’existence d’un « plan criminel » visant, selon lui, à modifier la composition démographique de la Tunisie à travers l’immigration irrégulière subsaharienne. Des déclarations qui avaient alors provoqué une onde de choc en Tunisie comme à l’international et suscité de nombreuses accusations de stigmatisation.

    Depuis, le climat s’est encore durci : plusieurs associations venant en aide aux migrants se retrouvent régulièrement dans le viseur des autorités et d’une partie de l’opinion, tandis que des militants engagés dans la défense des droits humains ont, ces derniers mois, fait l’objet de poursuites, d’arrestations ou de placements en détention, sur fond de suspicion autour des activités liées à la migration.

    Trois ans plus tard, certains commentaires publiés sous cette vidéo semblent prolonger, amplifier ou banaliser cette rhétorique, jusqu’à faire oublier l’essentiel : en mer, il n’est question ni de nationalité, ni de couleur de peau, ni de statut administratif, mais de vies humaines en danger.

    Pendant que des marins tunisiens accomplissaient leur devoir en portant secours à des personnes menacées par la noyade, une partie des réseaux sociaux donnait à voir un autre visage : celui d’une haine désormais publique, assumée… et complètement décomplexée.

    M.B.Z

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