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Slaheddine Selmi : « Pas question de céder un seul quai de la Stam »

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Par Imen Nouira

    « Non à la privatisation ». C’est le message porté, vendredi 8 mai 2026, par Slaheddine Selmi, qui a réaffirmé l’attachement de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à la préservation de la Société tunisienne d’acconage et de manutention (Stam), considérée comme un maillon stratégique des infrastructures portuaires tunisiennes, dans un contexte marqué par les difficultés persistantes du port de Radés et les débats autour de la modernisation du secteur portuaire.

    Le secrétaire général de l’UGTT s’exprimait lors d’un rassemblement ouvrier organisé au siège de la centrale syndicale, en présence des travailleurs de la Stam, sous le slogan : « Oui au développement et à l’investissement, non au bradage et à l’exclusion ».

    Les participants ont affiché leur opposition à toute forme de privatisation ou de transfert d’activités, scandant des slogans tels que : « Non à la cession des activités de l’entreprise » et « Non à la cession d’une entreprise publique stratégique ».

    « Les quais appartiennent à l’État »

    Slaheddine Selmi a affirmé que les infrastructures exploitées par la Stam avaient été réalisées grâce aux ressources de la collectivité nationale et devaient rester sous gestion publique.

    Il a rejeté toute possibilité de voir des opérateurs privés exploiter ces infrastructures « au détriment de l’État », tout en affirmant que les travailleurs avaient le droit de défendre leur entreprise, considérée comme un acquis national.

    Le syndicaliste a également précisé que cette mobilisation ne visait ni des augmentations salariales ni des revendications sociales classiques, mais s’inscrivait dans une stratégie plus large de défense des entreprises publiques tunisiennes.

    Il a ainsi réaffirmé le refus catégorique de la centrale syndicale de céder « le moindre quai ou la moindre activité » de la Stam, estimant qu’une telle évolution pourrait constituer le début d’un processus de démantèlement progressif de l’entreprise publique.

    Un débat relancé autour du rôle du privé

    Ces dernières années, plusieurs voix du secteur économique et logistique ont appelé à une ouverture accrue des activités d’acconage et de manutention aux opérateurs privés, estimant qu’une telle évolution pourrait contribuer à améliorer les performances portuaires et à réduire les délais de traitement des marchandises.

    Si des opérateurs privés sont déjà présents dans plusieurs ports commerciaux aux côtés de la Stam, les appels récents portent davantage sur un élargissement de leur rôle dans certaines activités jugées stratégiques, notamment au niveau des principaux terminaux portuaires comme Radès et La Goulette.

    C’est dans ce contexte que les propos du secrétaire général de l’UGTT sur le refus de céder des quais ou des activités de la Stam prennent une dimension particulière, la centrale syndicale considérant ce type d’évolution comme une remise en cause progressive du rôle de l’entreprise publique.

    Un acteur stratégique du commerce extérieur

    La Société tunisienne d’acconage et de manutention opère dans l’ensemble des ports maritimes commerciaux du pays à travers son réseau d’agences implanté à Bizerte, Radés, La Goulette, Sousse, Sfax, Gabès et Zarzis.

    Elle assure notamment la gestion du terminal à conteneurs du port de Radés, qui concentre près de 86% du trafic conteneurisé tunisien, ainsi que l’ensemble des opérations d’acconage et de manutention au port de La Goulette.

    Dans les autres ports commerciaux, la société opère aux côtés de groupements privés de manutention.

    Selon les données disponibles, la Stam assure environ 69% du tonnage global des marchandises transitant par les ports commerciaux maritimes tunisiens.

    Des performances portuaires sous pression

    La question des performances portuaires est devenue un enjeu économique majeur pour la Tunisie, dans un environnement mondial marqué par une concurrence logistique de plus en plus intense.

    Selon l’édition 2024 de l’indice de performance des ports à conteneurs (CPPI) de la Banque mondiale, basée sur les données de 2023, le port de Radés se classe au 251e rang mondial sur 405 ports évalués.

    L’indice mesure principalement le temps de passage des navires entre leur arrivée au mouillage et leur départ du quai, considéré comme un indicateur clé de performance logistique.

    Selon ce classement, le port tunisien affiche un temps de traitement supérieur de 86% à la moyenne internationale et perd cinq places par rapport à l’édition précédente.

    À l’échelle africaine, Radés se classe 13e, loin derrière des plateformes régionales comme Tanger Med au Maroc ou Port-Saïd en Égypte.

    Ces contreperformances ont des conséquences directes sur les entreprises tunisiennes. Les retards dans le traitement des marchandises génèrent des surestaries, alourdissent les coûts logistiques et pénalisent la compétitivité des importateurs et exportateurs tunisiens.

    Dans ce contexte, le débat autour de l’avenir de la Stam dépasse la seule question syndicale et pose également celle de la modernisation des infrastructures portuaires, de l’efficacité opérationnelle et de la capacité de la Tunisie à renforcer sa compétitivité dans le commerce international.

    I.N.

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