La question migratoire continue de cristalliser les tensions politiques en Tunisie. Dans une publication sur Facebook diffusée samedi 9 mai 2026, la députée Fatma Mseddi a adopté un ton particulièrement ferme, appelant à considérer le dossier de la migration irrégulière comme un enjeu de « souveraineté nationale » et de « sécurité nationale ». L’élue a réitéré que la Tunisie faisait face à des «flux migratoires sans précédent » et à des « réseaux actifs opérant librement », dénonçant ce qu’elle qualifie de « désordre » sur le terrain.
Un discours centré sur la souveraineté et la sécurité nationale
Selon l’élue, la situation actuelle ne relèverait plus uniquement d’une problématique sociale ou humanitaire, mais d’une question stratégique engageant l’avenir de l’État. Elle a évoqué dans ce sens des « défaillances graves », « négligence » et « complicité » au sein de certaines structures administratives, appelant à l’ouverture d’enquêtes approfondies.
« Il s’agit également de réseaux de trafic et de traite d’êtres humains, de flux financiers suspects, ainsi que d’associations qui auraient joué des rôles préoccupants sous des appellations séduisantes. C’est pourquoi nous avons demandé, et continuerons de demander, l’ouverture de l’ensemble des dossiers sans exception, ainsi que la reddition de comptes de toute personne impliquée, quel que soit son statut ou sa position », a-t-elle précisé.
« Aujourd’hui, ce qui est requis n’est ni le déni ni les discours de circonstance, mais une décision d’État : la protection des frontières, le démantèlement des réseaux, l’organisation de la présence étrangère conformément à la loi, ainsi que le retour de toute personne en situation irrégulière dans le respect des procédures légales et humanitaires », a-t-elle souligné.
Entre pressions européennes et montée des discours sécuritaires
La députée a, par ailleurs, adressé un message clair aux partenaires européens de la Tunisie, estimant que le pays ne doit pas être considéré comme un simple « gardien des frontières de l’Europe ». Elle a plaidé pour une coopération fondée, selon ses mots, sur la « réciprocité » et le respect de la souveraineté nationale.
« Nous n’avons aucune hostilité envers quiconque en raison de sa couleur de peau ou de sa nationalité, et le peuple tunisien est un peuple profondément humaniste, dont l’histoire témoigne éloquemment », a-t-elle affirmé avant d’insister sur le droit des Tunisiens à refuser, selon ses termes, que leur pays devienne une « zone de transit ouverte » ou un espace soumis à des dynamiques migratoires qu’elle juge incontrôlées.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte politique marqué par des tensions récurrentes autour de la gestion des flux migratoires en Méditerranée. Depuis plusieurs mois, le débat public en Tunisie oscille entre préoccupations humanitaires, pressions économiques, discours sécuritaires de plus en plus affirmés et incitations à la haine quasi-instutionnalisées.

N.J











Commentaire
zaghouan2040
Ce ne sont pas des soupçons ce sont des faits
Des faits horribles d’ailleurs qui déshonorent de manière radicale certaines organisations régaliennes
Lisez en urgence le rapport RRx: Trafic de migrants subsahariens en Tunisie,Algérie et Lybie »