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Agriculture tunisienne : 15.000 ingénieurs agronomes au chômage, le grand gâchis

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Par Raouf Ben Hédi

    Le secteur agricole tunisien manque de bras… mais surtout de compétences mobilisées. Alors que les crises se succèdent – sécheresse, recul des rendements, inflation des coûts de production, dépendance alimentaire croissante – des milliers d’ingénieurs agronomes restent sur la touche. Un paradoxe devenu presque banal dans une économie qui peine à transformer ses diplômés en force productive.

    L’Ordre des ingénieurs tunisiens a ainsi tiré la sonnette d’alarme, mardi 12 mai 2026, sur la situation des ingénieurs agronomes, appelant les autorités à agir rapidement pour éviter que cette hémorragie de compétences ne se transforme en impasse structurelle pour tout le secteur agricole.

    Le bâtonnier de l’Ordre, Mohsen Gharssi, a indiqué que la Tunisie compte près de 20.000 ingénieurs agronomes, dont environ 15.000 sont actuellement sans emploi. Un chiffre vertigineux qui, au-delà du drame social qu’il représente pour toute une génération de diplômés, illustre aussi les dysfonctionnements profonds d’un modèle économique incapable d’absorber ses propres compétences.

    Pour l’Ordre, les ingénieurs agronomes ne constituent pas une simple catégorie professionnelle en attente d’intégration, mais un levier stratégique pour moderniser un secteur agricole à bout de souffle. Car derrière les discours récurrents sur la souveraineté alimentaire et la nécessité de développer la production nationale, le terrain continue de révéler les mêmes fragilités : manque d’innovation, faible valorisation des filières, retard technologique, gestion chaotique des ressources hydriques et absence de vision durable.

    Mohsen Gharssi estime ainsi que le maintien de cette situation sans intervention sérieuse de l’État risque de compromettre toute perspective de relance agricole. Il plaide pour l’ouverture de nouvelles perspectives d’emploi et d’investissement dans le secteur, considérant que la résorption du chômage des ingénieurs agronomes est devenue une condition indispensable à toute réforme crédible de l’agriculture tunisienne.

    Le constat dépasse d’ailleurs le seul cas des ingénieurs agronomes. Depuis des années, la Tunisie forme des compétences qu’elle peine ensuite à intégrer dans son tissu économique. Entre administration saturée, secteur privé peu innovant et politiques publiques souvent déconnectées des besoins réels des filières stratégiques, le pays continue d’exporter ses cerveaux ou de les condamner à l’inactivité.

    Dans le cas de l’agriculture, le paradoxe est encore plus frappant. Alors que le secteur fait face à des défis existentiels liés au climat, à l’eau et à la sécurité alimentaire, des milliers de spécialistes capables d’accompagner sa modernisation restent marginalisés. Comme si l’on cherchait à réparer un moteur en laissant les mécaniciens à la porte.

    R.B.H

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    3 commentaires

    1. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      12 mai 2026 | 17h40

      Vraiment on est des champions toutes catégories du gâchis

    2. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      12 mai 2026 | 17h38

      Et si on accordait une partie des terres domaniales à ces malheureux ingénieurs…..
      On me dira les propriétés de l’état est une ligne rouge….

    3. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      12 mai 2026 | 17h34

      [la Tunisie compte près de 20.000 ingénieurs agronomes, dont environ 15.000 sont actuellement sans emploi.]
      On nous mortelle par in sligan vide de sens que la tun regorge de tant de compétences une vérité amère oui mais dont la plus part de ses compences sont au frigo
      D’autres parts pn blâme ses compétences à vouloir quitter le pays pour d’autres horizons

    Répondre

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