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Depuis Nairobi, Sarra Zaâfrani Zenzri défend la souveraineté africaine au sommet Africa Forward

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Par Myriam Ben Zineb

    Depuis Nairobi, où se tiennent les travaux du sommet Afrique-France « Africa Forward », la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a porté mardi 12 mai 2026 la voix de la Tunisie lors d’une séance consacrée à la paix, à la sécurité et aux grands défis stratégiques du continent, livrant un discours dense autour de plusieurs enjeux majeurs : l’équilibre du système international, la souveraineté des États, mais aussi la santé, l’innovation et l’avenir de la coopération africaine.

    Prenant la parole au Centre international de conférences Kenyatta, la cheffe du gouvernement a d’abord transmis les salutations du président de la République, Kaïs Saïed, au président kényan William Ruto ainsi qu’au président français Emmanuel Macron, avant de dérouler la vision tunisienne face aux bouleversements qui traversent le monde.

    « La paix ne peut pas se construire à géométrie variable »

    Dans une intervention au ton ferme, Sarra Zaâfrani Zenzri a dressé le constat d’un contexte international particulièrement tendu, marqué par la multiplication des conflits armés, l’aggravation des crises humanitaires et une perte progressive de confiance dans les institutions internationales.

    Mais au-delà des crises, c’est surtout le fonctionnement actuel des relations internationales que Tunis remet en question.

    « La paix ne peut être bâtie sur des rapports de force déséquilibrés, ni sur une application sélective des dispositions du droit international, mais sur les fondements de la justice, de l’équité et du respect de la souveraineté des États » a souligné Mme Zaâfrani Zenzri.

    La cheffe du gouvernement a, dans ce cadre, réaffirmé l’attachement de la Tunisie au rôle central de l’Organisation des Nations unies, tout en jugeant qu’une réforme profonde du système multilatéral est aujourd’hui devenue indispensable.

    Elle a ainsi appelé à une réforme du Conseil de sécurité, à une refonte du système financier international, à une réduction de la pression de la dette sur les pays les plus fragiles, mais aussi à l’accélération de la restitution des fonds détournés, qu’elle a qualifiés de « droit souverain des peuples ».

    « Des solutions africaines aux défis africains »

    Sarra Zaâfrani Zenzri a également réaffirmé l’attachement de la Tunisie au principe des solutions africaines aux défis africains, estimant que les crises que traverse le continent ne peuvent être abordées sous le seul angle sécuritaire.

    Pauvreté, marginalisation, fragilité économique, extrémisme, traite des êtres humains… pour Tunis, ces défis exigent une approche globale, fondée sur l’investissement dans l’humain, l’innovation et des partenariats plus équilibrés.

    La santé érigée en enjeu de souveraineté

    Au cœur de son intervention, la cheffe du gouvernement a également consacré une large place à la souveraineté sanitaire africaine, un sujet qu’elle considère désormais comme stratégique.

    Revenant sur les enseignements tirés de la pandémie de Covid-19, elle a souligné que les crises sanitaires récentes ont mis en lumière les fragilités structurelles des systèmes de santé et la dépendance excessive de nombreux pays vis-à-vis de l’extérieur. Et d’affirmer : « La Tunisie est convaincue que la souveraineté sanitaire de l’Afrique ne pourra se concrétiser efficacement que si elle repose sur des systèmes de santé solides, une industrie pharmaceutique compétitive et une transformation numérique efficace. »

    Le modèle tunisien mis en avant

    Pour illustrer cette vision, Sarra Zaâfrani Zenzri a mis en avant les avancées réalisées par la Tunisie dans la numérisation du secteur de la santé.

    Le modèle de « l’hôpital numérique » permet aujourd’hui de connecter plus de 25 établissements hospitaliers à travers un réseau sécurisé à haute performance, avec un objectif clair : faire circuler l’expertise médicale plutôt que les patients.

    En 2025, l’activité de radiologie à distance a progressé de plus de 1300 %, avec plus de 42.000 examens réalisés à distance. Parallèlement, 31 établissements hospitaliers sont désormais reliés au réseau de télémédecine.

    Industrie pharmaceutique, tourisme médical et ambitions africaines

    La cheffe du gouvernement a également mis en avant les atouts tunisiens dans l’industrie pharmaceutique, un secteur qui compte aujourd’hui plus de quarante entreprises exportant vers plus de 35 pays. Selon elle, cette base permet à la Tunisie de se positionner comme plateforme régionale de production pharmaceutique, de logistique et de transfert de technologies au service du marché africain.

    Elle a aussi rappelé la place grandissante de la Tunisie dans le tourisme médical, avec des centaines de milliers de patients étrangers accueillis chaque année, principalement venus du continent africain.

    Autre dossier mis en avant : celui des fonds détournés. La cheffe du gouvernement a rappelé que leur récupération constitue « un droit souverain des peuples » et ne peut rester prisonnière de procédures internationales longues et inefficaces.

    Deux rendez-vous internationaux annoncés en Tunisie

    Profitant de cette tribune internationale, Sarra Zaâfrani Zenzri a enfin invité les partenaires africains et internationaux à participer à deux rendez-vous majeurs organisés en Tunisie : le Tunisia Investment Forum 2026 et TeleHealthConnect 2026, consacré à la santé numérique et à la télémédecine.

    À Nairobi, la Tunisie aura ainsi défendu une ligne claire : celle d’une Afrique capable de garantir sa sécurité, sa santé, son développement… et surtout sa souveraineté.

    M.B.Z

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