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CPG — De 1.400 à 600 dinars : la réduction de la prime de l’Aïd El Kebir déclenche la colère des employés

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Par Nadya Jennene

    La tension sociale monte d’un cran au sein de la Compagnie des phosphates de Gafsa. Plusieurs unités de production ont été progressivement paralysées à la suite d’un mouvement de protestation ouvrière déclenché après le versement de la prime de l’Aïd El Kebir, jugée insuffisante par les employés.

    Intervenant sur les ondes d’Express FM, mercredi 13 mai 2026, la secrétaire générale de la Fédération générale des mines, Rim Hlel, a indiqué que les unités de Mdhilla et Metlaoui avaient suspendu leur production, tandis que d’autres sites, notamment Redeyef et Om Larayes, ont rejoint le mouvement.

    La responsable syndicale a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une grève organisée, mais d’un « mouvement de protestation spontané » provoqué par la décision de la direction générale concernant la prime de l’Aïd.

    Une prime divisée par plus de deux qui met le feu aux poudres

    Selon elle, la direction de la compagnie avait procédé au versement de cette prime de manière unilatérale, sans concertation préalable avec le partenaire social, malgré un courrier adressé par la Fédération générale des mines dès le 21 avril afin de discuter de son montant.

    « Nous avons été surpris par une décision prise sans aucune consultation ni explication sur la situation financière de l’entreprise », a déclaré Rima Hilal, dénonçant une gestion qu’elle qualifie d’« irresponsable » et susceptible « d’envenimer davantage le climat social » au sein de la société.

    La syndicaliste a rappelé que cette prime avait une dimension historique au sein de la compagnie et qu’elle constituait, depuis plusieurs années, un acquis social permettant aux employés de faire face aux dépenses liées à l’Aïd. 

    Elle a notamment souligné que la prime versée cette année avait fortement diminué par rapport aux exercices précédents. Selon ses déclarations, les employés avaient perçu 1 400 dinars l’an dernier, contre seulement 600 dinars cette année, malgré les annonces répétées de la société concernant l’amélioration de la production phosphatière.

    Pour le syndicat, cette réduction est d’autant plus mal perçue que les travailleurs continuent, selon lui, d’assurer leurs missions dans des conditions particulièrement difficiles. Rim Hlel a évoqué « l’un des environnements de travail les plus compliqués du pays », estimant que les ouvriers ne sauraient être tenus pour responsables des difficultés financières de l’entreprise.

    « Le travailleur accomplit son devoir et n’a pas failli à ses responsabilités. Il s’attend donc à voir ses efforts reconnus », a-t-elle affirmé, dénonçant également la détérioration du pouvoir d’achat des employés dans un contexte marqué par la hausse des prix liée à l’approche de l’Aïd.

    Dialogue rompu et menace d’une extension du mouvement dans les sites miniers

    La responsable syndicale a également regretté l’absence de dialogue avec la direction générale, affirmant que plusieurs tentatives de contact avec le directeur général sont restées sans réponse ces derniers jours.

    Face à cette situation, les représentants syndicaux et les structures de base se sont réunis au siège de la compagnie à Gafsa afin de tenter de trouver une issue à la crise. Rim Hlel a indiqué que les protestations étaient toujours en cours et risquaient de s’étendre davantage à d’autres unités de production dans les prochaines heures.

    Tout en affirmant que les syndicats ne souhaitent pas l’arrêt de l’activité de la compagnie, qu’elle considère comme « leur entreprise », la responsable a mis en garde contre une aggravation de la crise sociale en l’absence de dialogue et de prise en compte des revendications des travailleurs.

    Cette nouvelle tension intervient alors que la Compagnie des phosphates de Gafsa traverse depuis plusieurs années une situation économique et sociale délicate, marquée par des difficultés de production, des mouvements sociaux récurrents et une pression croissante sur ses équilibres financiers.

    N.J

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    Commentaire

    1. arfaouiabdesselem

      Répondre
      13 mai 2026 | 12h08

      Avec une production divisée presque par 3 par rapport à 2010 et ils osent demander plus ??????

    Répondre

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