Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Météo : un été annoncé comme exceptionnellement chaud

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Nadya Jennene

    Alors que plusieurs modèles climatiques internationaux convergent vers l’annonce d’un été particulièrement chaud sur l’ensemble du bassin méditerranéen, le chercheur tunisien en géographie et spécialiste du climat Amer Bahba a livré, jeudi 14 mai 2026 sur Jawhara FM, une analyse détaillée des évolutions météorologiques attendues en Tunisie au cours des prochains jours et des prochains mois. Entre épisodes pluvieux imminents, hausse progressive des températures et risques accrus d’incendies, le climatologue a dressé un tableau à la fois nuancé et préoccupant de la saison estivale à venir.

    Selon lui, une dégradation météorologique devrait débuter dès la nuit de jeudi à vendredi, avec des précipitations attendues d’abord sur les régions occidentales du pays, notamment le sud-ouest tunisien. Les gouvernorats de Kébili, Tozeur et Gafsa figurent parmi les premières zones concernées, avant une extension progressive vers l’est, touchant potentiellement Médenine, Tataouine et Gabès.

    Le spécialiste a précisé que ces perturbations pourraient ensuite gagner certaines régions du centre, notamment Kasserine et Sidi Bouzid, avant d’atteindre localement le nord du pays entre vendredi soir et samedi matin. Les cumuls de pluie devraient être variables selon les modèles numériques de prévision, certains scénarios privilégiant davantage le nord tunisien, tandis que les modèles européens et américains les plus fiables concentrent les précipitations sur le centre et le sud-ouest.

    D’un point de vue scientifique, cette instabilité atmosphérique s’inscrit dans un contexte de transition saisonnière caractéristique de la fin du printemps méditerranéen. Les contrastes thermiques entre les masses d’air chaudes remontant du Sahara et les flux plus humides circulant en altitude favorisent le développement d’orages parfois localement soutenus. Le climatologue estime ainsi que les prochaines 48 à 72 heures pourraient être marquées par des pluies d’intensité modérée sur plusieurs régions tunisiennes.

    Parallèlement à cette séquence pluvieuse, l’expert a longuement évoqué les tendances climatiques lourdes qui se dessinent pour l’été 2026. Selon lui, la quasi-totalité des grands modèles météorologiques mondiaux — américains, européens, britanniques, canadiens, australiens ou encore japonais — convergent vers un scénario d’été chaud, voire exceptionnellement chaud, sur une vaste partie du globe et particulièrement autour de la Méditerranée.

    Les pays d’Afrique du Nord, notamment la Tunisie, l’Algérie et la Libye, mais aussi plusieurs États européens comme la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce, devraient connaître des températures supérieures aux normales saisonnières.

    Toutefois, Amer Bhabha a nuancé les projections alarmistes circulant sur les réseaux sociaux. Selon lui, le mois de juin devrait rester globalement proche des moyennes habituelles, même si certaines journées pourraient ponctuellement franchir le seuil des 40 °C, phénomène déjà observé certaines années dès mai ou juin en Tunisie.

    Les épisodes de chaleur les plus marqués seraient surtout attendus durant les mois de juillet et d’août, période au cours de laquelle les vagues de chaleur pourraient devenir plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Ce type de configuration s’explique notamment par le renforcement des dorsales subtropicales sur l’Afrique du Nord, un mécanisme atmosphérique qui favorise l’installation durable d’air chaud et sec sur la région.

    Le climatologue a également rappelé que plusieurs régions du sud tunisien avaient déjà enregistré récemment des températures avoisinant les 40 °C. Toutefois, il a souligné que ces valeurs extrêmes concernaient surtout les zones sahariennes les plus méridionales, telles que Borj El Khadhra, Remada ou encore El Borma. Dans la majorité des autres régions du sud, les températures sont restées comprises entre 30 et 36 °C, des niveaux considérés comme relativement habituels pour cette période de l’année.

    Au-delà des températures elles-mêmes, l’intervention s’est surtout concentrée sur les conséquences environnementales potentielles de cet été annoncé comme particulièrement chaud. Le chercheur a mis en garde contre un risque accru d’incendies de forêts et de cultures agricoles.

    Selon lui, les importantes pluies enregistrées cette année dans plusieurs régions tunisiennes ont favorisé le développement d’un couvert végétal dense. Or, sous l’effet des fortes chaleurs estivales, cette végétation risque progressivement de se dessécher, créant ainsi un combustible naturel particulièrement propice à la propagation rapide des incendies.

    Le spécialiste a insisté également sur le rôle des activités humaines dans le déclenchement des feux. Les comportements imprudents dans les zones forestières, les feux allumés à proximité des cultures ou encore certaines pratiques agricoles pourraient amplifier considérablement le danger durant les mois à venir.

    Les récoltes céréalières, notamment le blé et l’orge, pourraient également accroître les risques si les précautions nécessaires ne sont pas respectées. Dans ce contexte, le climatologue a appelé les agriculteurs, les campeurs et l’ensemble des citoyens à une vigilance maximale durant toute la saison estivale.

    N.J

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *