Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Ce que révèle la nouvelle alerte de l’OMS sur le hantavirus détecté à bord du MV Hondius

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Myriam Ben Zineb

    Le bilan continue de s’alourdir autour du mystérieux foyer de hantavirus détecté à bord du navire de croisière MV Hondius. Dans une nouvelle mise à jour publiée mercredi 13 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé recense désormais onze cas dans plusieurs pays, dont trois décès, tout en confirmant que les huit infections validées en laboratoire sont toutes liées au virus des Andes, la seule souche de hantavirus connue pour pouvoir se transmettre entre humains.

    Mais au-delà des chiffres, ce nouveau bulletin met surtout en lumière une autre réalité : face à ce virus rare, potentiellement mortel et encore mal connu, la médecine dispose aujourd’hui de très peu d’armes.

    Un foyer qui continue de s’étendre

    Depuis sa précédente mise à jour, publiée le 8 mai, deux nouveaux cas confirmés ont été signalés parmi les passagers du MV Hondius : l’un en France, l’autre en Espagne. Un troisième cas, aux États-Unis, reste pour l’heure classé comme « non concluant » après des résultats contradictoires.

    Au total, onze personnes ayant voyagé à bord du navire ont été identifiées : huit cas confirmés, deux probables et un en cours d’investigation. Trois décès ont déjà été enregistrés, portant le taux de létalité provisoire à 27%.

    La courbe épidémiologique publiée par l’OMS montre une succession de contaminations étalées sur près de trois semaines, avec une concentration des cas entre le 21 avril et le début du mois de mai — un schéma qui renforce la piste d’une propagation secondaire à bord.

    Une transmission entre passagers de plus en plus probable

    Selon l’OMS, le premier malade aurait vraisemblablement été exposé avant l’embarquement, probablement lors d’activités en milieu naturel en Amérique du Sud.

    Mais les analyses génétiques préliminaires racontent autre chose : les souches prélevées chez les patients présentent une quasi-identité génétique, avec parfois une seule mutation de différence.

    Pour les experts, cela constitue un indice fort en faveur d’une transmission interhumaine survenue à bord, favorisée par les espaces clos, la promiscuité et les interactions prolongées entre passagers.

    Aucun vaccin, aucun traitement spécifique

    C’est l’un des points les plus marquants de cette mise à jour : à ce jour, il n’existe ni vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique contre le syndrome pulmonaire provoqué par le virus des Andes.

    La prise en charge repose essentiellement sur des soins de support : oxygénothérapie, surveillance hémodynamique, ventilation mécanique dans les cas graves et, dans certaines situations extrêmes, recours à l’assistance circulatoire extracorporelle (ECMO).

    L’OMS rappelle que, dans ses formes sévères, cette infection peut afficher une mortalité comprise entre 40 et 50%, en particulier chez les personnes âgées ou souffrant de comorbidités — un élément qui n’est pas anodin, l’âge moyen des passagers du MV Hondius étant de 65 ans.

    Pourquoi la recherche accuse-t-elle du retard ?

    Jusqu’à ce foyer inédit en pleine mer, les hantavirus étaient considérés comme des infections rares, avec un nombre limité de cas chaque année, principalement en Argentine et au Chili.

    Cette faible circulation humaine a longtemps freiné les investissements dans la recherche.

    Quelques pistes thérapeutiques existent pourtant : antiviraux expérimentaux, anticorps monoclonaux et même des candidats vaccins à ADN ou à ARN messager sont en développement, mais aucun n’a encore franchi les étapes permettant une utilisation clinique large.

    Une surveillance mondiale désormais enclenchée

    En attendant, l’OMS poursuit une vaste opération de traçage international impliquant plusieurs dizaines de passagers répartis dans différents pays.

    Les contacts considérés à haut risque doivent observer une quarantaine pouvant aller jusqu’à 42 jours, tandis que les autorités sanitaires continuent de surveiller d’éventuelles nouvelles contaminations.

    Pour l’heure, l’organisation maintient que le risque pour la population mondiale reste « faible », mais reconnaît que d’autres cas liés à cette croisière pourraient encore être détectés dans les prochains jours.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *