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Rage : après la mort d’un enfant, Ahmed Rejeb lance un cri d’alarme

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Par Myriam Ben Zineb

    Le décès bouleversant d’un enfant de onze ans à Kairouan continue de raviver les inquiétudes autour de la rage en Tunisie. Quelques jours après ce drame, le doyen des vétérinaires, Ahmed Rejeb, est intervenu, jeudi 14 mai 2026, sur Express FM, avec un message sans détour : la rage reste une menace bien réelle, mais elle peut être évitée… à condition d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

    L’intervention intervient dans un contexte particulièrement douloureux, après la mort d’un enfant originaire de Bouhajla, dans le gouvernorat de Kairouan. Mordu début avril par un chien atteint de la rage, il avait subi de graves blessures au visage et à la tête. Son état s’était fortement dégradé ces derniers jours avant son décès, samedi 10 mai, à l’hôpital Ibn El Jazzar.

    « La rage est l’affaire de toute la société »

    Pour Ahmed Rejeb, la lutte contre cette maladie ne repose pas uniquement sur les vétérinaires ou les autorités sanitaires. Elle engage l’ensemble de la société.

    Le spécialiste a insisté sur ce qu’il qualifie de responsabilité collective, rappelant que l’abandon d’animaux domestiques, la prolifération des chiens et chats errants ou encore la présence de déchets alimentaires dans l’espace public favorisent directement la propagation de la maladie.

    Il a appelé les citoyens possédant des animaux à assumer pleinement leur rôle et à ne pas laisser leurs chiens ou leurs chats livrés à eux-mêmes.

    Une vaccination gratuite, encore insuffisamment exploitée

    Ahmed Rejeb a rappelé que la vaccination des chiens est gratuite en Tunisie dans le cadre des campagnes organisées par les services vétérinaires relevant du ministère de l’Agriculture.

    Il a insisté sur le fait que cette démarche reste l’un des moyens les plus efficaces pour contenir la maladie, appelant les propriétaires à ne pas attendre qu’un incident survienne pour faire vacciner leurs animaux.

    Le doyen des vétérinaires a également rappelé que la rage ne concerne pas uniquement les chiens. Chats, chevaux, bovins, dromadaires et l’ensemble des mammifères peuvent transmettre le virus à l’être humain.

    Près de 120 cas déjà recensés chez l’animal

    Sur le plan épidémiologique, Ahmed Rejeb a indiqué que près de 120 cas de rage animale ont déjà été enregistrés en Tunisie depuis le début de l’année, jusqu’au 14 mai 2026.

    Il a également dressé un état des lieux des décès humains enregistrés ces dernières années. Dix personnes ont perdu la vie en 2023, aucun décès n’a été signalé en 2024, deux cas ont été recensés en 2025 et un décès a déjà été enregistré depuis le début de l’année 2026.

    Pour lui, ces chiffres montrent une amélioration, mais ne doivent en aucun cas conduire à relâcher les efforts.

    « Une fois les symptômes déclarés, il n’y a aucun traitement »

    C’est sans doute le message le plus fort délivré durant son intervention.

    Ahmed Rejeb a rappelé que la rage demeure l’une des maladies infectieuses les plus redoutables, car une fois les symptômes apparus, aucune thérapie ne permet de sauver le patient.

    « Il n’existe aucun traitement lorsque les signes cliniques apparaissent. L’issue est alors inévitablement fatale », a-t-il averti.

    Il a ainsi insisté sur la nécessité de consulter immédiatement après toute morsure, griffure ou exposition suspecte à un mammifère potentiellement contaminé.

    Prévenir coûte cinquante fois moins cher que traiter

    Au-delà de l’aspect sanitaire, Ahmed Rejeb a également mis en avant l’impact économique de la maladie.

    Selon ses estimations, la prise en charge des personnes exposées à la rage aurait coûté environ cinq millions de dinars en 2023, contre près de 27 millions de dinars en 2025.

    À l’inverse, une campagne nationale de vaccination animale coûterait entre 500 et 600 mille dinars.

    Le doyen des vétérinaires a cité l’exemple du Mexique, qui a réussi à éliminer la rage animale grâce à une stratégie de prévention systématique, appelant la Tunisie à renforcer davantage son approche globale de protection de la santé humaine, animale et environnementale.

    M.B.Z

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