Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrant un mouton annoncé à 6500 dinars a suscité de nombreuses interrogations sur les prix des ovins en Tunisie. Intervenant à ce sujet, le président du Syndicat des oléiculteurs de Sahline, Abdallah Sahraoui, a tenu à apporter des clarifications, tout en contextualisant les niveaux de prix observés sur les marchés.
S’exprimant sur Jawhara FM, vendredi 15 mai 2026, il a d’abord contesté les chiffres avancés dans certaines publications virales, estimant qu’ils ne reflètent pas la réalité du marché. « On parle parfois de moutons à 3000 dinars, ce n’est pas exact », a-t-il affirmé, soulignant que les prix varient selon la qualité et le poids de l’animal.
Le responsable syndical a rappelé les prix moyens pratiqués sur les marchés hebdomadaires, notamment dans la région de Jemmal et ses environs. Il a indiqué que le kilogramme de viande ovine vivante se négociait généralement entre 55 et 65 dinars, avec des variations selon la qualité de l’animal, son état d’engraissement et la période de l’année.
« Quand on parle de viande ovine de bonne qualité, on est dans des fourchettes comprises entre 55 et 62 voire 63 dinars le kilo vif », a-t-il détaillé, précisant que le prix final dépend du poids total de l’animal et de sa classification.
Revenant sur la vidéo largement relayée, qui montre un mouton présenté à 6500 dinars, Abdallah Sahraoui a indiqué qu’il s’agissait d’un animal d’une catégorie bien spécifique. Selon ses explications, il ne s’agirait pas d’un mouton destiné à l’abattage, mais d’un reproducteur de race sélectionnée, utilisé pour la reproduction et l’amélioration des troupeaux.
« Ce type d’animal n’est pas un mouton de sacrifice. C’est un bélier reproducteur, de race améliorée, destiné à féconder les femelles », a-t-il précisé, ajoutant que ce type de bétail peut atteindre des prix élevés en raison de sa valeur génétique et de son rôle dans l’élevage.
Il a également évoqué la race dite « Sardi », connue pour ses qualités morphologiques et sa demande sur certains marchés spécialisés. Selon lui, ce type de bélier peut se négocier entre 5500 et 6500 dinars voire davantage dans certains circuits professionnels, notamment lorsqu’il est destiné à des exploitations d’élevage structurées.
Selon lui, la confusion entre les différentes catégories — animaux d’abattage et reproducteurs — est souvent à l’origine des incompréhensions relayées sur les réseaux sociaux. Il a insisté sur le fait que les animaux destinés à la reproduction obéissent à une logique économique différente, fondée sur la génétique et la rentabilité à long terme du cheptel.
Abdallah Sahraoui a enfin appelé à une meilleure compréhension des mécanismes du marché agricole et à la prudence face aux vidéos isolées circulant en ligne, susceptibles de donner une image biaisée des prix réels. « Il faut éviter de généraliser à partir d’un seul cas. Le marché a ses règles, et chaque type d’animal a sa valeur », a-t-il conclu.
N.J










