Le dossier de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) continue de susciter de vives réactions dans le secteur de la santé. Au lendemain de l’annonce du gel de ses activités pour une durée de trente jours, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a affiché, vendredi 15 mai 2026, un soutien appuyé à l’organisation, dénonçant une nouvelle atteinte aux libertés syndicales et à la liberté d’expression.
Jeudi 14 mai, l’OTJM avait annoncé avoir été officiellement informée par le secrétariat général de la présidence du gouvernement d’une décision de suspension temporaire de ses activités, applicable à compter de cette même date.
Cette mesure est intervenue moins de 24 heures avant une conférence de presse que l’organisation devait tenir afin de présenter une étude de terrain consacrée à la situation de la santé publique en Tunisie, avec un focus particulier sur les violences visant les professionnels de santé, le manque de sécurisation des établissements hospitaliers et les conséquences de ces défaillances sur la qualité de prise en charge des patients.
Le président de l’OTJM, Wajih Dhokkar, avait précisé que la structure ne bénéficie d’aucun financement public ni de dons étrangers, affirmant que ses ressources proviennent exclusivement des cotisations et contributions des jeunes médecins. L’organisation avait également indiqué qu’elle se conformerait à la décision et transmettrait aux autorités toutes les données qui pourraient lui être demandées, tout en annonçant le report de sa conférence de presse à dans un mois.
« Un secteur public qui se meurt »
Dans son communiqué de soutien publié ce vendredi, l’UGTT estime que « le musellement des voix libres se poursuit » et que la politique de « bâillonnement » vise désormais les acteurs qui défendent un système de santé public, accessible et de qualité.
La centrale syndicale affirme que la décision de gel, annoncée à la veille de la conférence de presse de l’OTJM, constitue un signal adressé à l’ensemble des forces actives du secteur public de la santé pour les dissuader de dénoncer les dysfonctionnements d’un système qu’elle décrit comme « agonisant ».
L’UGTT souligne également que les jeunes médecins, à travers leur organisation, portent depuis des années un combat en faveur d’un service public de santé de référence, dans un contexte marqué par des hôpitaux confrontés à une pénurie chronique de moyens humains et matériels.
Appel à la mobilisation
Dans ce contexte, les structures syndicales relevant de l’UGTT, notamment les syndicats des médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes et la fédération générale de la santé, ont annoncé leur « solidarité totale et inconditionnelle » avec l’OTJM.
Elles ont également appelé les jeunes médecins à se mobiliser autour de leur organisation et affirmé leur disposition à « lutter par tous les moyens légitimes » pour défendre le droit syndical, les libertés académiques, la liberté d’expression ainsi qu’un service public de santé de qualité pour tous les Tunisiens.
M.B.Z











