La députée Fatma Mseddi a averti, dans une publication sur Facebook samedi 16 mai 2026, d’un possible retour des mouvements de protestation à Sfax si les revendications de la région continuent d’être ignorées par les autorités.
« Si le gouvernement continue à ignorer les revendications de Sfax, nous retournerons dans la rue », a-t-elle écrit, dans un message relayant la colère grandissante dans la région face à la lenteur des projets de développement et au sentiment de marginalisation.

Une crise « globale » selon la députée
Dans une seconde publication, la parlementaire a élargi son analyse à la situation politique et sociale générale du pays, estimant que les événements récents traduisent « une crise profonde de l’État » marquée par « le silence, l’hésitation et l’absence de grandes décisions ».
Elle a évoqué simultanément les manifestations réclamant l’expulsion des migrants en situation irrégulière, les mobilisations sociales ainsi que l’activité de certaines associations et réseaux politiques qu’elle accuse d’être liés à des financements étrangers et de chercher à « recycler l’ancien système ».
Sfax au cœur des revendications
Selon la députée, Sfax demeure l’un des principaux symboles de cette crise en raison des retards accumulés dans plusieurs projets structurants. Elle cite notamment l’absence de métro léger, le blocage du projet Taparura, le retard de la cité sportive ainsi que le manque de vision économique capable de restaurer la confiance des habitants.
Sfax, affirme-t-elle, a porté durant plusieurs années le poids de la migration irrégulière, de la pollution et des difficultés économiques sans obtenir de réponses concrètes de l’État.
Appel à relancer le projet de réconciliation pénale
Dans sa publication, Fatma Mseddi appelle également à un retour du projet de réconciliation pénale devant le Parlement afin de permettre, selon elle, la récupération des fonds détournés et leur injection dans les projets de développement régionaux, notamment à Sfax.
Elle plaide aussi pour la poursuite des enquêtes sur les financements étrangers des associations et réclame un remaniement ministériel « profond » destiné à placer « de véritables compétences » aux postes de décision.
Des propositions controversées
La députée demande en outre la classification du mouvement Ennahdha comme « organisation terroriste », ainsi que l’ouverture de dossiers liés à certaines structures qu’elle accuse d’atteinte à la sécurité nationale ou de blanchiment d’argent.
Elle appelle enfin à l’ouverture de plusieurs dossiers liés aux entreprises publiques et au secteur de l’énergie, notamment celui de Etap.
Concluant son message, la parlementaire estime que « la Tunisie ne manque pas de diagnostic mais de décision », appelant l’État à agir rapidement face à une situation qu’elle juge de plus en plus tendue.

S.H










