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Sacs plastiques : le parlement mise sur le biodégradable sans fragiliser l’industrie

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Par Imen Nouira

    Entre impératifs environnementaux et contraintes économiques, la proposition de loi relative à la réduction de l’utilisation des sacs plastiques à usage unique suscite de nouvelles discussions au parlement. Le député de la Cité Ettahrir et du Bardo, Dhafer Sghiri, vice-président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, est revenu sur ce dossier lundi 18 mai 2026 au micro de Wassim Ben Larbi dans l’émission Expresso sur les ondes d’Express FM. Il a évoqué les difficultés d’application des anciennes mesures, tout en défendant une transition progressive vers des alternatives biodégradables et en alertant sur les impacts environnementaux et sanitaires liés à la prolifération du plastique en Tunisie.

    Lors de son intervention, le député a rappelé qu’un cadre réglementaire existe déjà depuis plusieurs années, sans toutefois produire les résultats attendus sur le terrain. Selon lui, un décret adopté en 2020 prévoyait déjà des mesures visant à limiter l’utilisation des sacs plastiques à usage unique, mais son application est restée partielle.

    Dhafer Sghiri a estimé que la Tunisie continue d’utiliser des quantités très importantes de sacs plastiques, notamment dans les commerces, les boulangeries et les grandes surfaces, malgré les annonces précédentes autour de leur réduction.

    Il a également critiqué certaines solutions adoptées ces dernières années, jugeant qu’elles n’ont pas permis de régler le problème à la source. Selon lui, plusieurs enseignes commerciales ont simplement remplacé un type de sac plastique par un autre, sans réel changement sur le plan environnemental.

    « Dans les grandes surfaces, le plastique a été remplacé par un autre plastique. Au final, nous sommes restés dans la même logique », a-t-il déclaré.

    Une transition progressive vers des alternatives biodégradables

    Le député a indiqué que la proposition de loi actuellement discutée vise notamment à encourager l’utilisation de matériaux biodégradables pour les produits à usage unique, à l’image de plusieurs expériences déjà mises en œuvre dans d’autres pays.

    Il a toutefois insisté sur le fait qu’une telle transition ne pourrait pas être brutale, compte tenu de l’importance du secteur du plastique dans l’économie tunisienne. Dhafer Sghiri a évoqué l’existence d’un véritable écosystème industriel regroupant entreprises, usines et activités économiques liées à la fabrication et à la distribution de produits plastiques.

    Selon lui, l’objectif est d’aboutir progressivement à une réduction de l’utilisation des produits les plus polluants, sans provoquer de perturbations économiques majeures.

    Le député a également expliqué que cette initiative parlementaire s’inscrit dans une logique d’ouverture du débat avec l’ensemble des parties prenantes concernées par le secteur du plastique, notamment les industriels, les entreprises et les acteurs économiques directement liés à cette activité. Selon lui, l’objectif n’est pas d’imposer des mesures brutales, mais de parvenir à des solutions réalistes et applicables progressivement, permettant à la fois de réduire la pollution plastique et de préserver l’équilibre économique du secteur. Il a insisté sur la nécessité d’une transition graduelle, menée en concertation avec les professionnels concerné

    « Le changement doit se faire par étapes et non de manière précipitée », a-t-il affirmé, estimant que la question environnementale nécessite une approche équilibrée tenant compte à la fois des impératifs écologiques et des réalités économiques.

    Des préoccupations environnementales et sanitaires

    Au-delà de l’impact environnemental, Dhafer Sghiri a également mis l’accent sur les risques sanitaires associés à la présence croissante des microparticules de plastique dans l’environnement et dans les produits consommés au quotidien.

    Il a évoqué la présence de ces particules dans la vie quotidienne et leurs effets potentiels à long terme sur la santé humaine, considérant qu’il s’agit d’un enjeu qui pourrait prendre davantage d’ampleur dans les prochaines années si aucune action n’est engagée.

    « Ces particules sont désormais présentes partout dans notre quotidien. Si rien n’est fait aujourd’hui, le problème risque de s’aggraver davantage dans les années à venir », a-t-il averti.

    Le député a enfin souligné que cette initiative s’inscrit dans une réflexion plus large autour de la protection de l’environnement et de l’évolution des habitudes de consommation en Tunisie, dans un contexte où plusieurs pays renforcent progressivement les restrictions sur les produits plastiques à usage unique.

    I.N.

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