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Harcèlement, poursuites, intimidation : les atteintes contre les journalistes explosent en avril

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Par Nadya Jennene

    Le nombre d’atteintes visant les journalistes en Tunisie a fortement augmenté au cours du mois d’avril 2026, selon le dernier rapport publié lundi 18 mai 2026 par Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). À travers son Centre pour la sécurité professionnelle, le syndicat dresse un constat alarmant sur l’état des libertés de la presse et met en garde contre la multiplication des campagnes de harcèlement, d’incitation à la haine et des entraves au travail journalistique.

    Le rapport recense 18 agressions et violations durant le seul mois d’avril, contre six en mars 2026. Une hausse brutale qui rompt avec la tendance observée depuis le début de l’année et qui traduit, selon le syndicat, une nette dégradation du climat dans lequel exercent les professionnels des médias.

    Au total, la cellule de veille du Centre pour la sécurité professionnelle indique avoir reçu 20 signalements via des appels téléphoniques, le suivi des réseaux sociaux ainsi que des échanges directs avec des journalistes et photojournalistes. Parmi eux, 18 cas ont été formellement documentés comme des atteintes à la liberté de la presse ou à l’intégrité des journalistes.

    Des journalistes femmes particulièrement exposées

    Les violations recensées ont touché 14 victimes, dont huit femmes et six hommes, mettant en lumière une exposition particulièrement importante des journalistes femmes aux campagnes de harcèlement et aux pressions. Cinq institutions médiatiques ont également été directement visées.

    Dans le détail, les campagnes d’incitation et de haine arrivent en tête avec six cas signalés, suivies de cinq situations de harcèlement. Deux affaires concernent des poursuites judiciaires engagées contre des journalistes, tandis que deux autres portent sur des refus d’accès à l’information. Le rapport fait également état de deux cas d’empêchement ou de restriction du travail journalistique ainsi que d’un cas de détention arbitraire.

    Les auteurs de ces agressions proviennent de différents milieux. Les activistes et internautes opérant sur les réseaux sociaux sont responsables de six atteintes, confirmant l’ampleur prise par les violences numériques visant les journalistes. Trois agressions ont été attribuées à des instances judiciaires, trois autres à des agents de sécurité, tandis que trois cas impliquent des chargés de communication.

    Le rapport cite également des responsabilités ponctuelles impliquant des administrations de médias, des fonctionnaires ainsi qu’une partie étrangère.

    Sur le terrain, la majorité des violations ont été commises dans l’espace physique, avec douze cas recensés, contre six attaques enregistrées sur les plateformes numériques.

    Transparence, poursuites et réforme du décret-loi 54

    Face à cette situation, le SNJT a formulé plusieurs recommandations à l’adresse des autorités publiques. Le syndicat réclame notamment l’octroi immédiat des accréditations et autorisations nécessaires au travail des médias internationaux, ainsi que la publication automatique des rapports financiers, des rapports d’activité et des études élaborées par les administrations publiques afin de garantir le droit d’accès à l’information, aussi bien pour les médias que pour les citoyens.

    Le syndicat appelle également à davantage de transparence et d’égalité dans les relations entre les autorités publiques et les médias, tout en réclamant un traitement équitable des différents organes de presse par les administrations régionales.

    Le SNJT exige, par ailleurs, l’ouverture automatique de poursuites contre les campagnes d’incitation visant les journalistes sur les réseaux sociaux. Il demande également la révision des peines privatives de liberté prononcées contre des journalistes en première instance ou en appel, ainsi que l’arrêt des poursuites engagées en dehors du cadre du décret-loi 115 relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition.

    Le syndicat a aussi appelé le ministère de l’Intérieur à assurer le suivi des agressions recensées dans ce rapport et dans les précédents documents publiés, tout en engageant des sanctions contre les responsables.

    Dans ce cadre, il insiste sur la nécessité de rappeler aux agents de sécurité que la prise d’images dans les espaces publics par les journalistes ne nécessite aucune autorisation préalable, à l’exception des salles d’audience et des installations militaires.

    Enfin, le SNJT appelle Assemblée des représentants du peuple à accélérer l’examen de plusieurs textes législatifs jugés prioritaires, notamment la proposition d’amendement du décret-loi 54, le projet de loi sur l’éducation aux médias ainsi que celui portant sur l’organisation de la communication audiovisuelle.

    N.J

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