Le député Amine Ouerghi a alerté, mardi 19 mai 2026, sur les circonstances troublantes entourant le décès d’un détenu à la prison civile de Mornaguia, dénonçant un grave manquement des autorités pénitentiaires.
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le parlementaire a affirmé avoir été contacté par une habitante du quartier d’El Ouardia, venue rendre visite à son fils, le détenu Wael Meftah Attia, à la prison de Mornaguia. Selon son témoignage, l’administration pénitentiaire lui a alors annoncé que son fils était décédé depuis dimanche et que sa dépouille se trouvait à l’hôpital Charles-Nicolle, sans davantage d’explications.
Le député s’est interrogé sur les conditions dans lesquelles un détenu peut décéder au sein d’un établissement carcéral sans que sa famille ne soit informée pendant plusieurs jours.
« Ce qui s’est produit est grave et inacceptable. J’appelle à l’ouverture d’une enquête urgente et transparente afin de révéler toutes les circonstances du décès et d’établir l’ensemble des responsabilités devant l’opinion publique », a-t-il écrit dénonçant un « mépris pour les sentiments des familles et pour la dignité humaine ».
Toujours selon la même source, la famille n’a pas encore récupéré la dépouille du défunt au moment de la publication.

Le cas de Wael Meftah Attia n’est pas une première. Plusieurs décès sont survenus en milieu carcéral ou dans des contextes liés à la détention suscitant une inquiétude croissante et de profondes interrogations concernant le suivi médical des détenus, les conditions de prise en charge au sein des établissements pénitentiaires ainsi que le manque de transparence entourant ces incidents.
Selon le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), plusieurs affaires similaires ont été recensées ces derniers mois.
Le 29 octobre 2025, Hatem Abed avait lui aussi succombé après deux semaines de coma. Détenu à Mornaguia, il aurait été victime de coups violents, notamment au niveau de la tête, entraînant une hémorragie cérébrale selon les témoignages de sa famille. Ses proches dénoncent un retard dans son transfert vers une structure hospitalière ainsi qu’un manque de transparence dans le suivi de l’affaire.
Le 16 janvier 2026, Atef Hammami est décédé à l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis après avoir passé plusieurs jours dans le coma. Il avait été transféré depuis la prison civile de Mornaguia, où il était détenu depuis le 30 décembre 2025. D’après les déclarations de ses proches, il aurait subi d’importantes violences physiques en détention malgré son état psychologique fragile. Sa famille évoque des agressions particulièrement violentes, ravivant les critiques récurrentes visant les conditions de détention au sein de cet établissement pénitentiaire.
Le CRLDHT cite également d’autres décès ayant suscité des interrogations et des dénonciations de la part des familles et d’organisations de défense des droits humains, parmi lesquels ceux de Hazem Amara, Mohamed Amine Jendoubi, Wassim Ben Hafedh Jaziri et Montassar Abdelwahed.
N.J










