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Cinéma tunisien : on fait de l’art, on oublie de faire de l’argent

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Par Slim Larnaout

    Par Slim Larnaout

    Le monde a tranché depuis longtemps. Le cinéma, la musique, les séries, les jeux vidéo : ce n’est plus que de la culture. C’est aussi de l’économie. L’industrie mondiale du divertissement représente aujourd’hui près de 3 000 milliards de dollars. Le box office mondial seul a généré plus de 32 milliards de dollars en 2024.


    La production tunisienne, elle, reste limitée et largement dépendante des subventions publiques. Ce n’est pas une industrie. C’est un atelier artisanal subventionné.

    La Corée du Sud est l’exemple le plus parlant. Il y a quarante ans, personne ne parlait de cinéma coréen. Aujourd’hui, Parasite a gagné l’Oscar du meilleur film, Squid Game est devenu un phénomène mondial diffusé dans plus de 190 pays via Netflix, et les exportations culturelles coréennes génèrent plusieurs milliards de dollars par an.

    Ce n’est pas un accident de parcours. C’est le résultat d’une décision économique claire : traiter le cinéma comme une industrie d’exportation, investir dans la formation, structurer la chaîne de production et viser les marchés internationaux. Le gouvernement coréen a traité la culture exactement comme il aurait traité l’automobile ou l’électronique. Avec un plan, des objectifs et des budgets.

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