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« Bienvenue en Israël » : Ben Gvir parade devant les militants de la flottille pour Gaza, ligotés et à genoux

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Par Raouf Ben Hédi

    Les images ont provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Mercredi 20 mai 2026, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est rendu au port d’Ashdod, dans le sud d’Israël, où ont été transférés les militants arrêtés après l’interception de la nouvelle flottille humanitaire pour Gaza.

    Dans une vidéo publiée sur son compte X, on voit plusieurs activistes agenouillés, la tête baissée et les mains liées, encadrés par les forces israéliennes. Sur fond d’hymne national israélien, Ben Gvir lance aux détenus : « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous ». Des séquences largement relayées en ligne et dénoncées par de nombreux internautes et organisations de défense des droits humains comme une mise en scène humiliante et dégradante.

    Quelque 430 militants propalestiniens ont été arrêtés puis placés en détention à Ashdod après l’interception, lundi au large de Chypre, des embarcations participant à cette nouvelle « flottille pour Gaza ». Parmi eux figurent de nombreux ressortissants italiens.

    Rome a rapidement réagi. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, et le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani ont dénoncé un traitement « portant atteinte à la dignité humaine ». La France a également condamné les images et les conditions de détention des militants arrêtés.

    Parmi les personnes arrêtées figurent au moins six Tunisiens engagés dans la flottille humanitaire, partie pour tenter de briser le blocus imposé à Gaza et acheminer de l’aide humanitaire. Selon des sources proches de l’opération et des membres de la coordination de la mission, il s’agit de Safa Chebbi, Jihane Hadj Mabrouk, Hassna Boussen, Sabeur Majeri, Mouheb Souissi et Hamza Bouzouida.

    En Tunisie, aucune réaction officielle des autorités n’avait encore été enregistrée, malgré la présence de six ressortissants tunisiens parmi les personnes capturées par les forces israéliennes.

    Une nouvelle provocation signée Ben Gvir

    Ce nouvel épisode n’est pas sans rappeler les précédentes provocations d’Itamar Ben Gvir. Déjà lors d’un précédent convoi humanitaire vers Gaza, le ministre israélien s’était illustré par des déclarations insultantes et des scènes d’humiliation visant les militants capturés.

    Au-delà de la provocation politique, les méthodes employées démontrent aussi la brutalité assumée. Des civils désarmés, filmés agenouillés, entravés et exhibés devant les caméras par un ministre israélien, dans une mise en scène revendiquée publiquement, constituent des actes de maltraitance et de torture.

    Mais au fil des années, ces pratiques sont désormais assumées sans la moindre retenue par les responsables israéliens. Humiliations publiques, détentions arbitraires, violences contre des civils ou des militants internationaux : autant d’images qui se répètent presque mécaniquement, sans provoquer autre chose que quelques communiqués de condamnation diplomatique rapidement oubliés.

    Une interception dénoncée comme une violation du droit international

    L’interception de la flottille en pleine mer suscite une nouvelle vague de critiques contre Israël. Les organisateurs dénoncent une opération menée en eaux internationales et y voient une violation flagrante du droit international ainsi que de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui garantit la liberté de navigation en haute mer.

    Pour les militants impliqués dans la mission, ces interceptions répétées relèvent d’une logique assumée d’intimidation et de criminalisation des initiatives civiles de solidarité avec Gaza. À chaque tentative de rejoindre l’enclave palestinienne pour dénoncer le blocus ou acheminer une aide symbolique et humanitaire, les mêmes scènes se répètent : interception, arrestations, détentions et expulsions.

    Les organisations engagées dans la flottille ont exigé la libération immédiate des militants arrêtés et appelé la communauté internationale à assurer la protection des missions humanitaires maritimes.

    R.B.H

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