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Carte Assurances mise sur l’IA, la santé et l’Afrique pour préparer l’après-50 ans

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Par Imen Nouira

    À cinquante ans, Carte Assurances veut montrer qu’elle ne compte pas rester une compagnie d’assurance traditionnelle. Digitalisation des services, intelligence artificielle, cyber-risque, assurance santé et expansion africaine : le groupe tunisien affiche désormais des ambitions qui dépassent largement le cadre commémoratif de son anniversaire célébré jeudi 21 mai 2026 à Tunis.

    Dans un secteur confronté à l’évolution des usages, à la montée des risques technologiques et au vieillissement de la population, le groupe entend se repositionner comme un acteur capable d’accompagner les mutations du marché tunisien tout en poursuivant son ouverture vers l’Afrique.

    Lors de cette conférence organisée au siège de la compagnie, le groupe a retracé les principales étapes de son développement, depuis sa création en 1976 jusqu’à son expansion dans les services d’assurance-vie, la bancassurance et les solutions digitales. La direction a également mis en avant l’évolution du positionnement de Carte Assurances dans un secteur appelé à intégrer davantage les enjeux technologiques, sanitaires et réglementaires.

    « 50 ans, c’est un socle, mais le plus important reste à venir », a affirmé le directeur général de la compagnie, Mehdi Doghri, lors d’un entretien accordé à Business News.

    Fondée en 1976 par le Groupe BNP et le Groupe Doghri à travers le rachat des portefeuilles des assurances françaises MGF et La Préservatrice, Carte Assurances fait partie des premières compagnies tunisiennes ayant accompagné la tunisification du secteur. Le groupe rappelle également qu’une importante phase de restructuration a été engagée à partir de 1986 sous l’impulsion de Hassine Doghri, permettant à la compagnie de renforcer progressivement sa présence dans les assurances de biens, de personnes et de responsabilité.

    Aujourd’hui, le groupe revendique plus de 300 millions de dinars d’activité en 2025, en incluant Carte Assurances et Carte Vie, avec une part de marché avoisinant les 8%. La compagnie indique également disposer de près de 270 collaborateurs, d’un réseau de plus de 50 agents généraux et de plus de 50 partenaires courtiers.

    Une assurance qui veut sortir du modèle traditionnel

    Au-delà des chiffres, le groupe insiste surtout sur sa transformation technologique, présentée comme l’un des principaux axes de développement des dernières années.

    Carte Assurances rappelle avoir lancé dès 2008 la première plateforme de souscription en ligne en Tunisie, avant d’intégrer progressivement des outils numériques permettant le suivi des contrats, les paiements à distance et la gestion digitalisée des sinistres.

    « Notre mission, c’est de servir mieux. Mieux par la communication, mieux par les outils de suivi. Aujourd’hui, les clients peuvent suivre leurs contrats sur notre plateforme sans avoir besoin d’appeler le siège ou le réseau », explique Mehdi Doghri.

    La compagnie met également en avant l’intégration de l’intelligence artificielle dans le traitement des dossiers de sinistres automobiles afin d’optimiser les délais et la qualité de service, ainsi que l’adoption précoce de la signature électronique.

    Cette stratégie traduit une volonté de sortir d’un modèle assurantiel classique centré essentiellement sur l’automobile, pour évoluer vers des services davantage personnalisés et connectés.

    Santé et cyber-risque : les nouveaux relais de croissance

    Pour le directeur général de Carte Assurances, les mutations démographiques et technologiques modifient profondément la nature de la demande.

    « Parmi les besoins grandissants aujourd’hui, il y a l’assurance santé, puisque la santé est devenue un sujet majeur. Nous faisons face au vieillissement de la population tunisienne », souligne-t-il.

    Le groupe affirme avoir développé depuis plus de dix ans des offres d’assurance santé individuelle, au-delà des contrats collectifs destinés aux entreprises. Une orientation que la compagnie considère désormais comme stratégique dans un contexte de hausse des besoins de couverture médicale.

    Autre segment identifié comme porteur : le cyber-risque.

    « Le cyber-risque touche aujourd’hui l’ensemble des entreprises. C’est un honneur et une fierté d’avoir été la première compagnie à lancer une cyber-assurance », affirme Mehdi Doghri.

    Le groupe estime que ces nouveaux risques devraient prendre une place croissante dans le marché tunisien au cours des prochaines années, poussant les compagnies à adapter leurs produits et leurs outils d’évaluation.

    L’Afrique comme prochain terrain d’expansion

    L’autre axe majeur affiché par Carte Assurances concerne son développement régional.

    Déjà implanté au Sénégal depuis 2016 à travers un partenariat stratégique, le groupe veut désormais poursuivre son expansion sur le continent africain, principalement dans l’espace francophone et au Maghreb.

    « Nous continuons à travailler sur d’autres ambitions de développement international », a indiqué Mehdi Doghri, avant d’ajouter : « On a continué le développement vers l’Afrique. Nous aurons des actualités en 2026. »

    Cette stratégie d’ouverture régionale s’inscrit dans une logique de diversification des relais de croissance, mais également dans une volonté d’exporter un savoir-faire tunisien dans l’assurance et les services financiers.

    Le groupe rappelle également avoir renforcé sa stratégie de bancassurance au fil des années, notamment à travers son partenariat historique avec La Poste tunisienne depuis 2002 et l’acquisition, en 2019, de parts détenues par BNP Paribas dans l’UBCI.

    Le plaidoyer pour une culture de l’assurance

    Au-delà de sa stratégie propre, le groupe estime que le marché tunisien reste encore sous-assuré sur plusieurs segments.

    Mehdi Doghri cite notamment l’assurance multirisque habitation, qu’il considère comme insuffisamment développée en Tunisie contrairement à d’autres marchés régionaux.

    « Au Maroc, cela a été légiféré et c’est devenu une assurance obligatoire », rappelle-t-il.

    Le dirigeant plaide ainsi pour un cadre réglementaire capable à la fois de mieux structurer le secteur et d’encourager l’élargissement de la couverture assurantielle.

    « L’assurance est un métier structurant pour une économie. C’est un métier qui permet de faire de la collecte d’épargne et d’investir dans le pays », estime-t-il.

    Après cinquante années d’existence, Carte Assurances cherche ainsi à se présenter moins comme une compagnie historique que comme un groupe en transition, misant sur la technologie, les nouveaux usages et l’expansion régionale pour ouvrir un nouveau cycle de croissance.

    I.N.

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