Après un mois de ramadan mouvementé et plus de deux mois d’accalmie relative, la circulation des espèces est repartie à la hausse quelques jours avant l’Aïd El Kebir et les préparatifs de la fête du sacrifice du mouton. La monnaie fiduciaire en circulation a franchi la barre des 28,5 milliards de dinars. Un phénomène accentué par la nouvelle loi sur les chèques, qui limite à la fois leur nombre et leur montant.
Cash record : une hausse de plus de cinq milliards en un an
Jeudi 21 mai 2026, le montant des billets et pièces en circulation a franchi la barre des 28,779 milliards de dinars, contre 23,694 milliards un an auparavant, selon les chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT), vendredi 22 mai 2026. Cette hausse de 5,085 milliards de dinars représente une progression de 21,46% par rapport à la même période en 2025.
Le précédent record avait été enregistré le 19 mars 2026, à la veille de l’Aïd Esseghir, avec 28,574 milliards de dinars en circulation. Depuis le démarrage du mois de ramadan, plusieurs pics avaient été enregistrés. Cette série de records succède à celle observée après les intempéries et les inondations du début d’année, qui avaient provoqué une forte demande de liquidités. Elle s’ajoute aux sommets traditionnellement enregistrés durant les vacances d’été, la rentrée scolaire ainsi que les périodes de l’Aïd El Kebir et de l’Aïd Esseghir, marquées par une forte consommation.
Une telle progression suscite l’inquiétude, la hausse du cash étant généralement associée à l’évasion fiscale et au développement de l’économie informelle.
Virements et lettres de change supplantent le chèque
Ce boom des espèces s’inscrit dans un contexte où le chèque, autrefois dominant parmi les moyens de paiement télécompensés, perd progressivement du terrain. Selon le bulletin « Des paiements en chiffres en Tunisie » pour l’année 2025, publié par la BCT, le chèque ne représente plus que 24,5% des montants et 13,5% du nombre des paiements télécompensés.
Le nombre de chèques télécompensés a chuté de 67,5%, passant de 24,5 millions fin 2024 à 7,9 millions fin 2025, tandis que leur montant total a diminué de 58,8%, pour s’établir à 53,48 milliards de dinars contre 129,67 milliards fin 2024.
Cette évolution, combinée à la suppression, depuis octobre 2024, de l’obligation de justifier l’origine des sommes importantes en espèces, contribue à renforcer le recours au cash, particulièrement durant les périodes de forte consommation comme le mois de ramadan ou l’Aïd.
Après les pics enregistrés à la suite des intempéries et des inondations du début d’année, la circulation fiduciaire repart ainsi fortement à la hausse à l’approche de l’Aïd El Kebir.
I.N.










