Alors que les épisodes climatiques extrêmes se multiplient en Méditerranée, la Tunisie fait face à une évolution jugée plus rapide que prévu du niveau de la mer et de l’intensité des vagues. Les autorités tunisiennes estiment désormais que certains phénomènes, initialement anticipés pour la seconde moitié du siècle, se manifestent déjà avec plusieurs décennies d’avance.
S’exprimant lors d’une conférence nationale consacrée à la biodiversité, organisée à Tunis, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a averti, vendredi 22 mai 2026, que la Tunisie avait enregistré en 2026 une hausse du niveau de la mer et de la houle dépassant les prévisions et les études antérieures, y voyant un signal direct de l’accélération des effets du changement climatique dans le bassin méditerranéen.
Il a précisé que les vagues en Méditerranée avaient atteint entre six et quatorze mètres de hauteur, tandis qu’au niveau des côtes tunisiennes, elles avaient oscillé entre six et huit mètres, provoquant des dégâts importants sur plusieurs portions du littoral.
Face à cette situation, le ministère de l’Environnement a procédé à une évaluation des dommages et élaboré, en coordination avec le ministère de l’Équipement, un programme d’intervention destiné à renforcer la protection des zones côtières les plus exposées.
Habib Abid a souligné que la Tunisie préparait jusque-là ses plans d’adaptation sur un horizon allant de 2050 à 2100. Toutefois, l’apparition effective de ces phénomènes dès 2026 impose, selon lui, une révision des stratégies nationales et une accélération des mesures de prévention et d’adaptation.
Dans ce cadre, plusieurs projets de protection et d’aménagement du littoral ont été lancés à travers le pays. Des travaux sont actuellement en cours dans le gouvernorat de Bizerte, tandis que trois projets mis en œuvre dans le gouvernorat de Monastir sont entrés en phase d’exécution depuis le 1er avril. D’autres interventions concernent également les zones de Gammarth, Carthage, Sousse et Hammam Sousse.
Le ministre a également annoncé l’achèvement des études relatives à l’aménagement d’environ 30 kilomètres du littoral entre Béni Khiar et Hammamet Nord, dans le gouvernorat de Nabeul. Des études similaires ont été finalisées pour Djerba ainsi que pour plusieurs projets prévus dans les îles Kerkennah.
Habib Abid a par ailleurs souligné que la Tunisie travaillait actuellement avec plusieurs pays méditerranéens afin d’échanger des expertises et de développer de nouveaux mécanismes de prévention face à l’élévation du niveau de la mer. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les marges de sécurité dans les constructions côtières et d’intensifier les efforts d’adaptation climatique dans le cadre de « l’Initiative du littoral », qui associe collectivités locales, habitants, professionnels et secteur privé.
N.J










