La Conférence des bâtonniers a vivement réagi à la condamnation de Chawki Tabib, estimant qu’il s’agit d’une décision à caractère politique visant à « réduire au silence » une figure du barreau tunisien.
Dans un communiqué publié après l’audience tenue devant la chambre criminelle de Tunis, l’organisation a indiqué avoir été représentée par sa vice-présidente, Justine Devred, venue suivre le procès de l’ancien bâtonnier et ex-président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc).
Une audience suivie par une délégation internationale
Selon la Conférence des bâtonniers, Chawki Tabib comparaissait détenu après son incarcération le 14 avril 2026 dans le cadre d’une autre affaire judiciaire.
L’ancien président de l’Inlucc était poursuivi pour des accusations de « faux et usage de faux » qui auraient été commis dans l’exercice de ses fonctions en 2020.
L’organisation affirme que six heures de plaidoiries ont permis de démontrer « l’absence de charges sérieuses » susceptibles de justifier une condamnation. Malgré cela, une peine de dix ans de prison a été prononcée dans la nuit, selon le communiqué.
« Une atteinte aux droits de la défense »
La Conférence des bâtonniers considère cette condamnation comme une atteinte aux principes du procès équitable et de la présomption d’innocence.
Elle affirme également sa solidarité totale avec les avocats tunisiens ainsi qu’avec la famille de Chawki Tabib.
Le communiqué souligne par ailleurs que l’ancien bâtonnier est connu pour « son intégrité, son sens de la justice et son attachement au droit et aux libertés ».
Plusieurs organisations internationales mobilisées
La délégation internationale présente à Tunis comprenait plusieurs organisations professionnelles d’avocats et institutions représentatives du barreau, notamment le Conseil national des barreaux, le Barreau de Paris, la Conférence internationale des Barreaux de tradition juridique commune, le Council of Bars and Law Societies of Europe, la Fédération des Barreaux d’Europe, l’Observatoire international des avocats en danger, l’Union Internationale des Avocats ainsi que plusieurs barreaux français, dont ceux de Lyon, Bordeaux et Rouen.
L’affaire de Chawki Tabib continue de susciter de nombreuses réactions dans les milieux judiciaires et parmi les organisations de défense des droits et libertés, en Tunisie comme à l’international.
S.H










