Plusieurs associations et militants de la société civile à Sfax ont dénoncé, dans un communiqué publié dimanche 24 mai 2026 à l’initiative de l’Association tunisienne des femmes démocrates, ce qu’ils qualifient de « politique systématique » visant à réduire l’espace civique et à affaiblir les corps intermédiaires en Tunisie.
Une série de suspensions d’associations pointée du doigt
Les signataires du communiqué reviennent sur la multiplication des décisions de suspension visant plusieurs organisations actives dans les domaines des droits humains et de la société civile.
Ils citent notamment les suspensions ayant touché l’Association tunisienne des femmes démocrates, l’association Aswat Nissa, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, ainsi que la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. Le communiqué évoque également les cas de l’association Avocats sans frontières et de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, avant le retrait ultérieur de certaines décisions.
Des associations locales à Sfax ont également été concernées, à l’instar de l’association Baraa pour la protection de l’enfance menacée. Les signataires évoquent par ailleurs les risques de dissolution pesant sur les associations Al-Khatt et Manamti.
Des critiques contre les poursuites judiciaires et les arrestations
Le communiqué dénonce également « des procès jugés injustes » visant des journalistes, blogueurs, avocats, militants politiques et acteurs de la société civile.
Les signataires font aussi référence à l’arrestation de plusieurs militants de la Flottille Al Soumoud.
Selon eux, ces développements traduisent une volonté de marginaliser les voix dissidentes et d’utiliser les appareils judiciaire et sécuritaire au service d’un projet politique fondé sur « le pouvoir d’un seul individu et une seule opinion ».
Un climat social et économique sous tension
Les organisations et militants réunis à Sfax alertent également sur la dégradation de la situation économique et sociale, marquée par la hausse des prix et l’érosion du pouvoir d’achat.
Ils estiment que cette crise affecte particulièrement les catégories vulnérables, notamment les femmes, confrontées à une aggravation de la précarité et des violences.
Le communiqué évoque aussi la détérioration de la situation environnementale et du développement dans la région de Sfax, dénonçant l’absence de solutions concrètes de la part des autorités.
Un hommage à la militante Naama Nsiri
Cette prise de position a été rendue publique à l’occasion de la commémoration du deuxième anniversaire du décès de la militante Naama Nsiri, ancienne présidente de la section de Sfax de l’Association tunisienne des femmes démocrates et membre de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme.
Les participants ont salué son engagement en faveur des libertés, des droits des femmes et des catégories marginalisées.
En conclusion, les signataires appellent les militants et les associations à renforcer la coordination entre les différentes initiatives civiles et à multiplier les espaces de concertation afin de poursuivre les actions militantes dans la région.
S.H











