Alors que la perspective d’une trêve de soixante jours entre Iran et les États-Unis alimente les spéculations autour d’un possible apaisement régional, le professeur Abdelmajid Abdelli a livré une lecture particulièrement critique de cette annonce.
Intervenant lundi 25 mai 2026 sur Mosaïque FM, il a estimé que cette suspension des hostilités ne relevait pas d’une véritable trêve au sens juridique du terme, mais d’une décision imposée unilatéralement par Washington à Téhéran, dans un contexte marqué, selon lui, par l’échec des objectifs israélo-américains en Iran.
Le spécialiste des relations internationales a affirmé que, d’un point de vue juridique, une trêve suppose un accord négocié entre les parties belligérantes, généralement conclu par les responsables militaires des deux camps après des discussions directes. Selon lui, le contexte actuel diffère totalement de cette définition classique.
« Nous ne sommes pas face à une trêve au sens légal du terme, mais face à une décision américaine imposée à l’Iran pour une durée de soixante jours », a-t-il déclaré, ajoutant que Téhéran aurait accepté cette suspension des hostilités en raison de son affaiblissement militaire face à la supériorité technologique américaine et israélienne.
Le professeur a toutefois estimé que l’issue du conflit ne pourrait être interprétée comme une victoire occidentale. « Quand on dit qu’il n’y a ni vainqueur ni vaincu, le véritable gagnant reste l’Iran, car le plan américano-sioniste visant à renverser le régime a échoué », a-t-il soutenu.
Abdelmajid Abdelli a également affirmé qu’Israël demeurait, selon lui, l’acteur central du conflit, considérant que les États-Unis « n’avaient pas réellement intérêt à entrer directement en guerre contre l’Iran ». Il a rappelé que Washington bénéficiait déjà depuis des décennies des sanctions économiques imposées à la République islamique depuis la révolution iranienne de 1979.
Selon lui, « Israël est aujourd’hui celui qui dicte le rythme des décisions américaines », estimant que le président Donald Trump reste soumis aux intérêts israéliens et à « l’influence du lobby sioniste » au sein des institutions américaines.
Le professeur a par ailleurs décrit Donald Trump comme « un homme d’affaires imprévisible », affirmant que ses positions changeraient fréquemment au gré des circonstances politiques et économiques, notamment via les réseaux sociaux. Il a également souligné l’impact direct des déclarations du président américain sur les marchés mondiaux et les prix internationaux.
Concernant les perspectives d’un accord durable, Abdelmajid Abdelli s’est montré sceptique face aux informations évoquant un maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz, un allègement des sanctions économiques ou encore le dégel d’avoirs iraniens.
Il a notamment rejeté l’idée d’un report du dossier nucléaire iranien, affirmant que Téhéran considère son programme nucléaire comme conforme au droit international tant qu’il reste destiné à des usages civils et pacifiques. « Aucune convention internationale n’interdit à l’Iran ou à tout autre État de développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques », a-t-il rappelé.
Le professeur a également dénoncé ce qu’il considère comme un « double standard international », soulignant que les États-Unis ont déjà utilisé l’arme nucléaire dans l’histoire et qu’Israël possède lui-même l’arme atomique, tout en contestant à l’Iran le droit d’enrichir l’uranium pour des usages civils.
Abdelmajid Abdelli a noté que « la diplomatie constitue la véritable arme stratégique de l’Iran », davantage que son arsenal militaire ou nucléaire, affirmant que les autorités iraniennes disposent, selon lui, d’une grande capacité d’adaptation face aux évolutions américaines et israéliennes.
N.J










