L’épidémie d’Ebola provoquée par la souche Bundibugyo continue de gagner du terrain en Afrique centrale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, vendredi 29 mai 2026, que 906 cas suspects et 223 décès suspects avaient été enregistrés en République démocratique du Congo (RDC), où se concentre l’essentiel de la propagation du virus.
Les chiffres les plus récents font également état de 125 cas confirmés en laboratoire, dont 17 décès. Les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent les plus touchées par cette flambée épidémique, considérée comme l’une des plus préoccupantes de ces dernières années sur le continent.
Au-delà des frontières congolaises, l’Ouganda a confirmé sept cas d’infection, dont un mortel. Les autorités sanitaires estiment toutefois que la situation y reste sous contrôle, aucun signe de transmission communautaire n’ayant été détecté jusqu’à présent.
Une variante rare du virus
Contrairement aux précédentes grandes épidémies d’Ebola, cette flambée est liée à la souche Bundibugyo, une variante beaucoup moins fréquente que la souche Zaïre, responsable notamment de l’épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Cette particularité complique davantage la réponse sanitaire. Aucun vaccin homologué contre cette souche n’est actuellement disponible et les traitements existants n’ont pas encore démontré leur efficacité spécifique contre cette variante. L’OMS prévoit néanmoins de lancer prochainement des essais cliniques afin d’évaluer plusieurs traitements expérimentaux et candidats vaccins.
L’OMS maintient l’alerte maximale
Face à l’évolution rapide de la situation, l’OMS avait classé, le 17 mai dernier, cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. L’organisation invoque notamment la multiplication des foyers de contamination, les difficultés d’accès à certaines zones affectées et les défis liés à l’identification des personnes ayant été en contact avec les malades.
Les experts rappellent que le taux de létalité associé à la souche Bundibugyo peut atteindre entre 30% et 50% parmi les cas confirmés, même si ces estimations restent susceptibles d’évoluer au fur et à mesure de la progression des investigations épidémiologiques.
Des moyens financiers sous pression
La riposte sanitaire se heurte également à des contraintes budgétaires croissantes. Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont récemment alerté sur une diminution significative des promesses de financement destinées à soutenir les opérations de lutte contre l’épidémie.
Dans ce contexte, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu en RDC afin d’évaluer la situation sur le terrain et de renforcer la coordination internationale.
Alors que les autorités sanitaires tentent de contenir la propagation du virus, l’évolution de cette épidémie est suivie avec une attention particulière, en raison de l’absence de vaccin spécifique et du risque de diffusion dans une région marquée par d’importants mouvements de population.
M.B.Z










