Une proposition de loi visant à éliminer progressivement les sacs plastiques à usage unique a été déposée à l’Assemblée des représentants du peuple par un groupe de députés conduit notamment par Dhafer Sghiri. L’initiative entend remplacer ces produits par des alternatives biodégradables et accompagner les industriels dans leur transition vers des matériaux plus respectueux de l’environnement.
Invité vendredi 29 mai 2026 sur Mosaïque FM, le député a expliqué que le texte part d’un constat préoccupant : la pollution plastique continue de gagner du terrain en Tunisie malgré les mesures prises ces dernières années pour limiter l’usage des sacs à usage unique.
Les effets du plastique, souligne le député, ne se limitent plus à la dégradation de l’environnement. Les recherches scientifiques mettent désormais en évidence la présence de microparticules plastiques dans l’eau, les aliments et même dans l’organisme humain. Il a également rappelé que les déchets plastiques constituent l’une des principales sources de pollution marine en Tunisie.
Une transition progressive plutôt qu’une interdiction brutale
Les auteurs de la proposition de loi ne plaident pas pour une suppression immédiate des sacs plastiques. Le texte prévoit une période de transition pouvant s’étaler sur un à deux ans afin de permettre aux entreprises concernées d’adapter leur activité.
Dhafer Sghiri a insisté sur le fait que l’objectif n’est pas de fragiliser les industriels du secteur. Au contraire, les députés souhaitent mettre en place des mécanismes d’accompagnement, notamment à travers des incitations financières et fiscales, afin d’encourager la production de sacs biodégradables fabriqués à partir de matières premières d’origine biologique.
Le parlementaire a assuré que cette évolution pourrait être réalisée sans transformations majeures des équipements industriels existants, les adaptations techniques nécessaires demeurant limitées.
Tirer les leçons de l’échec de 2020
Le député a également évoqué les difficultés rencontrées lors de la précédente tentative d’interdiction des sacs plastiques à usage unique, lancée en 2020. Selon lui, l’absence d’alternatives suffisantes sur le marché, le manque d’accompagnement des entreprises et les insuffisances du contrôle ont freiné l’application effective des mesures adoptées.
Les promoteurs du nouveau texte estiment donc indispensable d’associer l’ensemble des acteurs concernés, des industriels aux associations environnementales, afin d’assurer une mise en œuvre plus efficace.
Un enjeu environnemental mais aussi sanitaire
Pour Dhafer Sghiri, la question dépasse largement le seul cadre écologique. Il considère que la lutte contre la pollution plastique relève également de la santé publique, compte tenu des risques associés à l’exposition croissante aux microparticules issues de ces matériaux.
La proposition de loi n’a pas encore été examinée par les commissions parlementaires compétentes. Déposée récemment auprès du bureau de l’Assemblée, elle devrait être prochainement orientée vers la commission chargée des questions environnementales pour entamer son parcours législatif.
M.B.Z










