Plus de deux mois après une demande de rapprochement restée sans réponse, la famille de Jaouhar Ben Mbarek dénonce les conséquences humaines de son transfert à la prison du Sers. Samedi 30 mai 2026, sa sœur, l’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, a révélé la grave dégradation de l’état de santé de leur père, Ezzeddine Hazgui, qui n’est désormais plus en mesure de rendre visite à son fils détenu.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle décrit une situation familiale qu’elle qualifie de « tragédie ». Selon elle, Ezzeddine Hazgui, qui souffrait déjà de plusieurs affections liées à l’âge, a vu son état se détériorer brutalement quelques jours après le transfert de son fils de la prison de Belli vers celle du Sers.
Hospitalisé pour subir des examens, l’ancien opposant aux régimes de Habib Bourguiba puis de Zine El Abidine Ben Ali a, selon sa fille, été diagnostiqué d’un cancer du poumon, d’une insuffisance rénale et d’une hémorragie cérébrale. Depuis plusieurs semaines, les médecins tenteraient de traiter simultanément ces différentes pathologies.
Cette situation a également mis fin aux visites qu’Ezzeddine Hazgui rendait régulièrement à son fils en détention. Désormais, explique Dalila Ben Mbarek Msaddek, ces déplacements sont assurés de manière occasionnelle par une tante âgée de la famille.
L’avocate affirme que Jaouhar Ben Mbarek n’a toujours pas été informé de l’état de santé de son père et ne comprend pas les raisons de l’arrêt soudain de ses visites.
Dans son message, Dalila Ben Mbarek Msaddek affirme que la famille a sollicité, il y a plus de deux mois, le transfert du détenu vers un établissement pénitentiaire plus proche du Grand Tunis afin de tenir compte de l’état de santé de son père. Une demande qui est restée sans réponse.
« Ce n’est pas un système, c’est de la criminalité et de la sauvagerie devenues insupportables », écrit-elle, accusant directement les autorités pénitentiaires de faire preuve d’une indifférence totale à la situation familiale et sanitaire des proches du détenu.
Arrêté en février 2023 dans le cadre de l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État, Jaouhar Ben Mbarek a été condamné en appel à vingt ans de prison.
Fin avril 2026, il avait suspendu la grève de la faim qu’il observait depuis un mois, expliquant répondre aux appels de sa famille, de ses proches ainsi que de plusieurs organisations et personnalités qui l’exhortaient à préserver sa vie. Cette décision était intervenue alors que plusieurs organisations, dont Amnesty International, alertaient sur les risques graves que faisait peser la poursuite de ce mouvement sur sa santé.

M.B.Z










