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Carburant, à quand l’inévitable hausse du prix à la pompe ?

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Par Raouf Ben Hédi

    La loi de finances 2026 a été bâtie sur l’hypothèse d’un baril à 63,3 dollars. Il en vaut aujourd’hui 92. Chaque dollar d’écart coûte entre 160 et 180 millions de dinars aux finances publiques. Le gouvernement n’a toujours pas ouvert le débat.

    Lorsque le gouvernement a préparé la loi de finances 2026, il a retenu un prix moyen du baril de pétrole de 63,3 dollars. Ce choix paraissait raisonnable à l’époque. Trois mois plus tard, la réalité du marché est tout autre. Le Brent évolue désormais autour de 92 dollars, à la date du lundi 1er juin 2026, soit près de trente dollars au-dessus de l’hypothèse budgétaire. Il y a quelques semaines, il a dépassé largement les cent dollars.

    Cet écart n’a rien d’anecdotique puisqu’il bouleverse gravement l’ensemble des calculs de l’État. Selon les estimations citées par plusieurs économistes, chaque dollar supplémentaire au-dessus du niveau retenu dans la loi de finances représente entre 160 et 180 millions de dinars de dépenses additionnelles pour les finances publiques.

    Autrement dit, la facture se chiffre déjà en milliards de dinars.

    3,7 milliards de dinars de surcoût à 90 dollars le baril

    L’analyste financier Bassem Ennaifer a été parmi les premiers à tirer la sonnette d’alarme. Selon lui, chaque dollar supplémentaire coûte environ 164 millions de dinars à la caisse de compensation.

    Cette hausse ne pèse pas uniquement sur le budget de l’État. Elle se transmet progressivement à l’ensemble de l’économie. Les coûts de transport augmentent. Les matières premières deviennent plus chères. Les importations coûtent davantage. Une partie de cette hausse finit inévitablement par être répercutée sur les consommateurs. Le pétrole agit ainsi comme un multiplicateur d’inflation.

    Pour une économie fortement dépendante des importations énergétiques, le choc est double : budgétaire et inflationniste.

    Les scénarios deviennent de plus en plus inquiétants

    Dans une note détaillée publiée en mars, l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a tenté de mesurer l’ampleur du risque.

    Selon ses projections, avec un pétrole à 80 dollars, les subventions énergétiques pourraient atteindre 7,2 milliards de dinars. À cent dollars, elles grimperaient à 10,85 milliards de dinars. Au-delà de 120 dollars, elles dépasseraient les douze milliards.

    L’institut rappelle également qu’une simple dépréciation du dinar face au dollar aggraverait encore davantage la facture énergétique du pays.

    Ces projections interviennent alors que les finances publiques sont déjà confrontées à un déficit important, à des besoins de financement élevés et à une marge de manœuvre budgétaire particulièrement réduite.

    L’IACE ne se contente pas de dresser un constat alarmant. L’organisation appelle à l’anticipation, recommande la constitution de stocks stratégiques, le suivi permanent des marchés énergétiques et l’accélération de la transition énergétique.

    Subventionner ou ajuster : un arbitrage repoussé depuis 2020

    Pour l’analyste financier Moez Hadidane, la question n’est plus de savoir si le choc existe, mais comment l’État compte l’absorber.

    Selon ses calculs, un pétrole durablement installé autour de 90 dollars entraînerait un surcoût budgétaire proche de 3,7 milliards de dinars et une hausse de plus de 50% de la facture de compensation par rapport aux prévisions initiales.

    Face à cette situation, deux options se dessinent.

    La première consiste à maintenir les prix actuels et à absorber intégralement le choc à travers le budget de l’État. Cette solution implique davantage de déficit, davantage d’endettement et davantage de besoins de financement.

    La seconde consiste à réactiver le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, gelé depuis novembre 2020.

    En clair, c’est soit l’État qui paie, soit les automobilistes.

    Pour le moment, le gouvernement a choisi que ce soit l’État qui paie. Mais l’État ne produit pas d’argent. Chaque milliard englouti dans la compensation devra être financé par davantage de dette, davantage d’arbitrages budgétaires ou davantage de sacrifices ailleurs. Plus le pétrole reste élevé, plus la facture s’alourdit et plus la question de la hausse des prix devient difficile à éluder.

    Derrière le pétrole, des arbitrages douloureux

    Le professeur universitaire Ridha Chkoundali va encore plus loin. Lorsque le pétrole a franchi le seuil des cent dollars en mars, il a estimé que le surcoût pour les finances publiques pouvait atteindre 6,4 milliards de dinars. Un chiffre vertigineux.

    Selon lui, cette somme représente pratiquement l’équivalent de l’ensemble des dépenses de développement de l’État.

    Face à un tel choc, les solutions deviennent rapidement douloureuses : report de projets publics, ralentissement des recrutements dans la fonction publique, report d’augmentations salariales ou hausse des prix des carburants.

    L’économiste a même évoqué la possibilité d’une loi de finances complémentaire et appelé à la création d’une cellule de crise économique afin d’anticiper les scénarios les plus critiques.

    Trois mois plus tard, aucune cellule de crise n’a été annoncée publiquement.

    Une dépendance énergétique devenue préoccupante

    Le plus inquiétant est peut-être ailleurs.

    Selon l’expert du secteur pétrolier Mahmoud El May, la Tunisie ne souffre pas aujourd’hui d’un problème de sécurité énergétique. Le pays dispose de stocks stratégiques couvrant environ 45 jours de consommation et l’approvisionnement en carburants reste assuré.

    En revanche, la souveraineté énergétique tunisienne s’est considérablement affaiblie.

    Le taux d’autosuffisance énergétique est tombé à environ 35%.

    Autrement dit, près des deux tiers des besoins énergétiques du pays dépendent désormais de l’extérieur.

    Cette dépendance explique pourquoi chaque flambée des cours internationaux produit des effets aussi importants sur les finances publiques.

    Elle explique également la vulnérabilité croissante de la Tunisie face aux crises géopolitiques qui secouent les grands marchés énergétiques mondiaux.

    Les experts alertent, Tunis se tait

    Ce qui frappe dans ce dossier n’est pas seulement l’ampleur des risques, mais le contraste entre les alertes répétées des experts et la discrétion des autorités.

    Depuis mars, les économistes multiplient les mises en garde. L’IACE a publié des scénarios détaillés. Des spécialistes du secteur énergétique ont appelé à l’anticipation. Certains ont même demandé la création d’une cellule de crise.

    Pourtant, aucun grand débat public n’a été organisé autour des conséquences de la flambée pétrolière. Aucun conseil ministériel consacré spécifiquement au sujet n’a été annoncé. Ni la STIR ni la STEG ne communiquent publiquement sur leurs capacités de financement, leurs besoins futurs ou leur stratégie face à un pétrole durablement élevé. Comme si cette question ne concernait pas directement les Tunisiens.

    Les marchés pétroliers n’attendront pas que Tunis ouvre le débat.

    Depuis mars, les cours du brut ont profondément modifié l’équation sur laquelle a été construite la loi de finances. Les experts alertent, les scénarios s’accumulent et les surcoûts se comptent désormais en milliards de dinars. Pendant ce temps, les autorités restent silencieuses.

    Pour l’heure, les automobilistes ne voient pas encore la différence à la pompe. Le budget de l’État l’absorbe à leur place. Mais aucun pays ne peut durablement ignorer un écart de près de trente dollars entre le prix réel du pétrole et celui retenu dans ses prévisions budgétaires.

    La question n’est donc plus de savoir si le choc pétrolier aura un coût pour la Tunisie. Il en a déjà un. La seule inconnue est de savoir qui finira par le payer.

    Raouf Ben Hédi

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    2 commentaires

    1. le financier

      Répondre
      1 juin 2026 | 22h13

      Moi je crois qu ils font tous pour couler le pays .
      Ce qui est bien ce que le riche avec sa mercedes ou moi avec mon 4×4 20 litres au 100 je paie le meme tarif que les pauvres … merci KS pour ta justice fiscale

    2. Quand ? Qômming very soon.

      Répondre
      1 juin 2026 | 13h37

      Comment éviter in eKStremis le pire encore ?

      Comment éviter que ce pays ne se retrouve toujours plus à tenter de rouler au gaz zagafouniK foireux et à autres pets de bullchiiterie liKéfiés Qômme liKéfiants ?

      3 facteurs incontournables et salutaires de jour en jour :

      1) Cessation par pression CIVILE MONDIALE ET DROIT INTERNATIONAL de la folle ronde suicidaire Chabadabadante entre les régimes UsraHelliens associés des messy ânes iniques littéralistes (e)scatologiKKKles maximalistes suprémacistes sectaires expansionistes génocidaires velayatoQômbinés à régime à débâcle diarrhéique mollardo-mucosanglante oppressif de leur peuple et autres peuples CHAMpions environnants.

      2) Dégager RAPIDEMENT, NETTEMENT, PROPREMENT,SANS HAINE VENGERESSE NI VIOLENCE MILICIENNE NI CLEMENCE NI PARDON NI OUBLI EN REDITTION DES QÔMPTES le foutu régime parjurant poutchiste des frêres Mollahrds Zagafoun Dernier Qaramita et Naoufélon Second, Karteron des généraux aussi Qômplices que françalgériatiKS.

      3) Puis dans la foulée, « sans coup de pompe , enchaîner par un Gouvernement d’Union Nationale sans exclusive, ARMEE ET SOCIETE CIVILEB À COMPÉTENCES, saisissement martial des institutions étatiques et fermeture des frontières, transition de 2 ANS à temps plein avec gestion démocratique civile exclusivement le temps de réinjecter stabilité, confiance, respiration À LA POMPE ET AU DELA, bref….

      REVIVIFICATION ECOSOCIALE puis rétablir réputation à l’international pour armée et société tunisienne.
      Puis moins de 5 ans pour PLEIN EMPLOI, SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE ET ENERGETIQUE.
      Oui, vous avez bien lu.
      Les outils adéquates, les compétences et opportunités sectorielles sont à portée.

      ESSENCES D’AVENIR SANS PLUS DE LIQUEFAKSION…

      Would you run…
      « UJURU » 😉
      Ujuru ElkolQôm, bi « UjurumQôm » waJirayerKôm !

      https://m.youtube.com/watch?v=ltp07VC80RE&list=RDltp07VC80RE&start_radio=1&pp=ygUUd291bGQgeW91IHJ1biBseXJpY3OgBwE%3D

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