Longtemps considérée comme l’un des principaux freins à l’attractivité économique du pays, la réforme du Code des changes revient au centre du débat public. Alors que la Tunisie cherche à renouer avec une croissance plus soutenue et à attirer davantage d’investissements, le président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, Maher Ketari, plaide pour une modernisation rapide de ce cadre réglementaire hérité d’une autre époque.
Intervenant lundi 1er juin 2026 sur les ondes d’Express FM au micro de Myriam Belkadhi, le député a indiqué que la Commission parlementaire poursuivait actuellement un cycle élargi d’auditions avec les différents acteurs économiques et financiers concernés par ce dossier stratégique. Une rencontre est notamment prévue ce jour avec une délégation de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), afin d’examiner les propositions du secteur privé relatives à la refonte du dispositif de change.
Cette démarche s’inscrit dans une série de consultations déjà engagées avec le ministère des Finances, les services de la douane, des experts-comptables, des investisseurs tunisiens et étrangers ainsi que des représentants de l’économie numérique. L’objectif affiché est d’aboutir à une vision globale permettant d’adapter la législation tunisienne aux nouvelles réalités économiques internationales.
Un dossier en attente depuis plusieurs décennies
La question de la modernisation du Code des changes n’est pas nouvelle. Depuis les années 1990, plusieurs gouvernements ont évoqué la nécessité d’assouplir un cadre réglementaire conçu à une époque où la priorité était la protection des réserves en devises et le contrôle strict des mouvements de capitaux.
Malgré quelques ajustements ponctuels, la Tunisie demeure dotée d’une réglementation souvent jugée complexe et peu adaptée à l’évolution des échanges internationaux, au développement des services numériques et à la mobilité croissante des investisseurs. Les milieux d’affaires dénoncent régulièrement des procédures lourdes, susceptibles de décourager certains projets d’investissement ou d’inciter une partie des opérateurs à contourner les circuits officiels.
Selon Maher Ketari, un large consensus semble aujourd’hui se dégager parmi les experts et les professionnels consultés. Ces derniers estiment qu’une réforme ambitieuse pourrait générer un gain de croissance compris entre un et un point et demi de produit intérieur brut. Un tel impact se traduirait mécaniquement par une amélioration du marché de l’emploi, une meilleure absorption des diplômés de l’enseignement supérieur et une réduction du chômage, particulièrement chez les jeunes.
Attirer les capitaux et renforcer la compétitivité
Pour le président de la Commission des finances, la modernisation du régime des changes constitue un levier essentiel pour repositionner la Tunisie dans les chaînes de valeur régionales et internationales.
Certaines réticences persistent toutefois au sein des cercles décisionnels de l’Exécutif, notamment en raison des inquiétudes liées à la préservation des réserves en devises et à l’évolution du taux de change du dinar. Le député a, dans ce sens, défendu une approche inverse, estimant qu’un environnement réglementaire plus flexible favoriserait les exportations, attirerait davantage d’investissements directs étrangers et contribuerait, à terme, à améliorer les équilibres extérieurs du pays.
Dans cette logique, l’arrivée de nouveaux investisseurs étrangers générerait une conversion significative de capitaux en monnaie nationale pour financer l’acquisition de terrains, d’équipements et d’infrastructures productives. Un mécanisme qui, selon lui, pourrait soutenir la demande de dinars et renforcer progressivement la stabilité monétaire.
Une réforme qui pourrait aussi générer des recettes exceptionnelles
Au-delà de ses effets attendus sur la croissance, la révision du Code des changes pourrait également ouvrir la voie à la régularisation de nombreux dossiers liés aux infractions de change accumulées au fil des années.
Pour Maher Ketari, l’enjeu dépasse largement le cadre d’une simple réforme technique. Il s’agit d’adresser un signal fort aux investisseurs nationaux et internationaux et de permettre à la Tunisie de retrouver pleinement sa vocation de plateforme régionale d’investissement, d’échanges et de services au cœur de l’espace méditerranéen et nord-africain.
N.J











Commentaire
le financier
Cet homme est d une nullitè total voila ce qu il dit :
» Dans cette logique, l’arrivée de nouveaux investisseurs étrangers générerait une conversion significative de capitaux en monnaie nationale pour financer l’acquisition de terrains, d’équipements et d’infrastructures productives. Un mécanisme qui, selon lui, pourrait soutenir la demande de dinars et renforcer progressivement la stabilité monétaire. »
Il a oubliè que ces societès rapatrie leurs capitaux vers l europe et US en devise et c est le gros probleme actuel avec des franchises francaise commr carefour par exemple et d autres pays , d ou penurie de devises = faire des choix pour payer une dette en devise ou des medicaments …
Alors oui il faut revoir le regime de change mais de maniere intelligent avec des professionnels de la finance international et des economiste etrangers parceque les tunisiens sont mediocres dans ce domaine