L’ancien député Majdi Karbai a affirmé, dans une publication diffusée mardi 2 juin 2026 sur sa page Facebook, que le Parlement italien avait approuvé une nouvelle mission de la Guardia di Finanza en Tunisie destinée à renforcer la coopération avec la Garde nationale maritime tunisienne.
Selon les documents parlementaires italiens cités par l’ancien élu, cette mission prévoit l’assistance technique, la formation et le soutien logistique aux unités tunisiennes chargées de la surveillance maritime et de la gestion des frontières.
D’après les informations relayées par Majdi Karbai, le dispositif pourrait mobiliser jusqu’à 22 agents italiens de la Guardia di Finanza, ainsi que des moyens matériels et techniques déployés notamment à Tunis et à Sfax. Le coût global de l’opération serait estimé à 8,83 millions d’euros et pris en charge par le budget de l’État italien.
Selon les documents du Parlement italien partagés par l’ancien élu, cette mission s’inscrit dans le prolongement de la coopération migratoire engagée entre les deux pays depuis plusieurs années. Elle reposerait notamment sur un échange de notes verbales intervenu entre la Tunisie et l’Italie en décembre 2025, en complément du mémorandum d’entente signé en 2017 dans le domaine migratoire.

Dans sa publication, Majdi Karbai a relevé aussi que les détails de cette mission avaient été rendus publics par les institutions italiennes alors qu’aucune communication officielle détaillée n’a été effectuée à ce sujet en Tunisie.
« Les citoyens tunisiens découvrent l’existence de cette mission à travers des documents publiés à Rome », a-t-il expliqué, estimant que cette situation soulève des interrogations sur les mécanismes de transparence entourant certains accords de coopération sécuritaire conclus avec les partenaires européens.
L’ancien parlementaire a établi également une comparaison entre les procédures italiennes et tunisiennes, rappelant que les missions extérieures italiennes font l’objet d’un examen parlementaire et d’une publication officielle permettant aux élus, aux médias et aux citoyens d’accéder aux informations relatives à leur financement et à leurs objectifs.
À ses yeux, cette affaire relance le débat sur le contrôle démocratique des accords touchant à la sécurité, à la gestion des frontières et à la coopération internationale.
Majdi Karbai a avancé par ailleurs que cette situation illustrait l’évolution du fonctionnement institutionnel tunisien depuis le 25 juillet 2021. Selon lui, le rôle de contrôle exercé par le pouvoir législatif sur l’action de l’exécutif s’est progressivement réduit, limitant les possibilités de débat public sur certaines décisions engageant l’État.
L’ancien député a conclu en estimant que la question dépasse le seul cadre de la coopération tuniso-italienne. Pour lui, elle renvoie plus largement au droit des citoyens à l’information et à la nécessité de rendre publics les accords ayant des implications sécuritaires ou stratégiques pour le pays.
À ce stade, les autorités tunisiennes n’ont pas communiqué officiellement sur les éléments évoqués par l’ancien député ni sur les modalités de cette mission mentionnée dans les documents parlementaires italiens.

N.J










