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Exportations d’huile d’olive : la Tunisie sur une dynamique prometteuse, mais le défi du conditionnement demeure

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Par Myriam Ben Zineb

    Les exportations tunisiennes d’huile d’olive poursuivent leur progression. Invité mercredi 3 juin 2026 sur les ondes de la Radio nationale, l’expert fiscal Mohamed Salah Ayari est revenu sur les résultats enregistrés au cours des six premiers mois de la campagne 2025-2026, marqués par une forte hausse des quantités exportées et des recettes générées.

    L’expert a rappelé que la campagne actuelle bénéficie d’une production particulièrement abondante, estimée entre 450.000 et 500.000 tonnes. Si des inquiétudes avaient émergé au début de la saison quant à la capacité du marché à absorber ces volumes, les efforts déployés pour conquérir de nouveaux débouchés à l’international commencent, selon lui, à porter leurs fruits.

    Mohamed Salah Ayari a souligné que les exportations d’huile d’olive ont atteint 295.400 tonnes durant les six premiers mois de la campagne, contre 180.200 tonnes à la même période de la saison précédente, soit une progression de 63,9 %. Les recettes ont également fortement augmenté, passant de 2.400 millions de dinars à 3.600 millions de dinars.

    Pour l’expert, ces résultats confirment l’importance stratégique du secteur dans l’économie nationale. Il a notamment insisté sur son rôle dans l’apport de devises et dans le développement de l’agriculture tunisienne.

    L’olivier gagne du terrain dans plusieurs régions

    Mohamed Salah Ayari a également relevé l’extension progressive de la culture de l’olivier au-delà de ses zones historiques. Longtemps concentrée dans le Sahel et la région de Sfax, cette culture s’est développée ces dernières années dans plusieurs gouvernorats de l’intérieur, notamment à Sidi Bouzid, Kairouan, Kasserine et dans certaines régions du Nord-Ouest.

    Selon lui, cette évolution s’explique notamment par la capacité de l’olivier à mieux résister aux périodes de sécheresse que d’autres cultures, en particulier les céréales.

    Le conditionnement, principal chantier à accélérer

    L’expert a toutefois estimé que le principal défi reste celui de la valorisation du produit tunisien à travers le conditionnement. Il a rappelé que près de 87 % des exportations sont encore réalisées en vrac, tandis que l’huile conditionnée ne représente qu’environ 13 % des volumes exportés.

    Une grande partie de cette huile est destinée à l’Espagne (32 %) et à l’Italie (20 %), avant d’être conditionnée et commercialisée sous des marques étrangères.

    Mohamed Salah Ayari a ainsi appelé à accélérer les mesures d’encouragement au conditionnement afin d’augmenter progressivement sa part à au moins 20 % des exportations. Une telle évolution permettrait, selon lui, de renforcer la visibilité de la marque tunisienne sur les marchés internationaux et de mieux valoriser une huile régulièrement primée lors des concours internationaux.

    L’Asie et l’Afrique dans le viseur

    L’expert a également plaidé pour une diversification des débouchés. L’Union européenne absorbe actuellement près de 56 % des exportations tunisiennes d’huile d’olive, contre 23,2 % pour l’Amérique du Nord et seulement 12 % pour les marchés asiatiques.

    Il a estimé que les avantages accordés récemment par la Chine aux produits originaires de plusieurs pays africains constituent une opportunité à saisir pour renforcer la présence tunisienne sur ce marché.

    Mohamed Salah Ayari a également jugé insuffisante la part des exportations dirigées vers l’Afrique, qui oscille entre 4,5 % et 5 %. Il a appelé à mieux exploiter les accords commerciaux conclus avec les pays du continent afin d’élargir les débouchés de l’huile d’olive tunisienne.

    Vers des recettes encore plus importantes

    L’expert estime que la filière dispose encore d’un important potentiel de croissance. Selon lui, la poursuite des plantations d’oliviers, la facilitation de l’accès aux crédits agricoles, le développement du conditionnement et la recherche de nouveaux marchés pourraient permettre au secteur de générer, à moyen terme, entre 5.000 et 6.000 millions de dinars de recettes annuelles, voire davantage.

    Il a également considéré que la multiplication des produits portant clairement la mention « Fabriqué en Tunisie » contribuerait à renforcer la notoriété du pays à l’international et à améliorer son attractivité économique.

    M.B.Z

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