Le bureau régional du Nord-Ouest du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé, dans un communiqué publié mercredi 3 juin 2026, les faits dont aurait été victime la journaliste de Radio Kef, Faten Toujani, lors de la couverture du démarrage des épreuves du baccalauréat dans un centre d’examen à Medjez el-Bab, dans le gouvernorat de Béja.
Un téléphone saisi et des contenus supprimés
Selon le syndicat, la journaliste réalisait des prises de vue de l’ambiance générale à l’extérieur du centre d’examen dans le cadre de sa mission professionnelle, avant d’être autorisée à entrer dans l’établissement.
Le directeur du centre se serait alors opposé à sa présence, exigeant une autorisation préalable. Malgré les explications fournies par la journaliste, qui a assuré n’avoir effectué aucune prise de vue à l’intérieur de l’établissement scolaire, le responsable aurait sollicité l’intervention des agents de sécurité et saisi son téléphone professionnel, qui a ensuite été emporté à l’intérieur du centre.
Le communiqué précise que la journaliste a quitté les lieux dans l’attente de récupérer son appareil. Une fois le téléphone restitué, elle aurait constaté la suppression des photos et contenus qu’elle avait enregistrés dans le cadre de son reportage.
La délégation régionale évoque un défaut de coordination
Toujours selon le communiqué, la délégation régionale de l’Éducation a indiqué qu’aucune coordination préalable n’avait été effectuée pour réaliser des prises de vue à l’intérieur du centre d’examen, ce qui aurait été à l’origine de l’incident. Elle affirme également être intervenue rapidement afin de régler la situation et permettre à la journaliste de récupérer son téléphone.
Le SNJT dénonce une atteinte à la liberté de la presse
Le bureau régional du SNJT considère toutefois que les faits rapportés constituent une atteinte à la liberté de la presse et au droit des journalistes d’accéder à l’information. Le syndicat estime également que la saisie du téléphone et la suppression des contenus enregistrés représentent une atteinte au matériel de travail journalistique ainsi qu’une ingérence injustifiée dans le contenu médiatique produit.
Le syndicat a exprimé sa solidarité avec Faten Toujani et appelé le ministère de l’Éducation ainsi que le commissariat régional de l’Éducation de Béja à ouvrir une enquête afin de déterminer les responsabilités et de prendre les mesures nécessaires à l’encontre des personnes impliquées.
Des poursuites envisagées
Le bureau régional du SNJT a également indiqué qu’il se réservait le droit d’engager des poursuites judiciaires contre le chef du centre d’examen concerné.
Dans son communiqué, il rappelle que l’accès à l’information constitue un droit garanti par la Constitution, les lois nationales et les conventions internationales, soulignant que la facilitation du travail des médias lors d’événements d’intérêt public participe aux exigences de transparence et au droit des citoyens d’être informés du fonctionnement des services publics.
Le syndicat met enfin en garde contre la répétition de telles pratiques, estimant qu’elles risquent d’accentuer les entraves au travail journalistique et de compromettre la mission d’information du public.
M.B.Z










