Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

L’ATFD dénonce des convocations visant des militantes féministes et alerte sur un « recul des libertés publiques »

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Sarra Hlaoui

    L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a exprimé sa « profonde préoccupation » à la suite des convocations adressées à plusieurs jeunes militantes et militants ayant participé aux mobilisations contre le référendum constitutionnel du 22 juillet 2022.

    Dans un communiqué publié mercredi 3 juin 2026, l’organisation affirme que plusieurs de ses militantes figurent parmi les personnes concernées par ces procédures judiciaires.

    Quatre militantes féministes convoquées

    Selon l’ATFD, les militantes Nawres Zoghbi Douzi, Asma Fatma Maâtmri, Imen Ben Jouira et Rahma Khechnaoui ont été convoquées dans le cadre d’investigations portant sur des faits remontant à près de quatre ans.

    L’association souligne que ces jeunes femmes, comme les autres personnes concernées par le dossier, appartiennent à une génération ayant grandi « dans le climat de la révolution » et attachée aux valeurs de « liberté, de dignité et de citoyenneté ».

    Elle rappelle qu’elles ont exercé leur droit à l’expression, à la participation à la vie publique et à la protestation pacifique dans le cadre de leur engagement citoyen et associatif.

    Des poursuites jugées préoccupantes

    L’ATFD estime que la réouverture d’un dossier datant de 2022 et la convocation de militantes et militants plusieurs années après les faits soulèvent des interrogations.

    L’organisation considère que ces démarches alimentent des craintes quant à une éventuelle utilisation des procédures judiciaires pour « restreindre les libertés publiques », « intimider les voix critiques » et décourager notamment les jeunes femmes de participer à la vie publique.

    Pour l’association, ces convocations s’inscrivent dans un contexte marqué par « un resserrement croissant des espaces d’expression, d’organisation et de manifestation ».

    Défense du droit à l’expression et à la manifestation

    Dans son communiqué, l’ATFD rappelle que la liberté d’expression, le droit de manifester pacifiquement et la liberté d’opinion constituent des droits fondamentaux garantis par les conventions internationales relatives aux droits humains ainsi que par la législation nationale.

    L’association affirme que l’engagement des militantes et militants dans l’action civile et la défense des droits ne saurait justifier « une approche sécuritaire ou policière » à l’égard de leurs positions et de leurs choix.

    L’ATFD a réaffirmé son soutien aux personnes convoquées dans cette affaire et condamné ce qu’elle qualifie de tentatives d’instrumentalisation de la justice ou des appareils sécuritaires contre les acteurs de la société civile.

    L’organisation dit également rejeter toute forme de ciblage des militantes féministes engagées dans la défense des valeurs de liberté, d’égalité et de justice sociale.

    Appel à l’arrêt des poursuites

    L’association appelle à l’abandon des poursuites et des procédures liées à l’exercice pacifique de la liberté d’expression et du droit de manifester.

    Elle demande également la garantie du droit à la défense, le respect des conditions d’un procès équitable ainsi que le respect par l’État tunisien de ses engagements en matière de protection des droits et libertés fondamentaux.

    En conclusion, l’ATFD réaffirme sa solidarité avec les différentes composantes de la société civile démocratique et estime que « défendre la liberté, la dignité, l’égalité et la justice n’est pas un crime », assurant que les femmes engagées dans la défense des droits « ne feront pas seules face aux campagnes d’intimidation et aux pressions ».

    S.H

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *