La famille du journaliste Mourad Zeghidi a annoncé, jeudi 4 juin 2026, que ce dernier avait décidé d’entamer une grève de la faim pour protester contre « l’injustice » dont il s’estime victime et contre l’« acharnement judiciaire » à son encontre.
Dans un communiqué, la famille affirme que cette décision est le résultat d’une situation devenue « intenable » après plus de deux années de poursuites et de procédures judiciaires.
« Nous avons appris que Mourad Zeghidi a décidé d’entamer aujourd’hui une grève de la faim pour protester contre l’injustice dont il est victime et contre l’acharnement judiciaire dont il fait l’objet depuis plus de deux ans », indique le texte.
Une vive inquiétude pour son état de santé
Les proches du journaliste disent mesurer la gravité de cette décision et expriment leur profonde inquiétude quant à ses conséquences.
« Aujourd’hui, nous sommes profondément préoccupé.e.s et extrêmement inquiet.e.s pour son état de santé ainsi que pour les conséquences que cette grève de la faim pourrait avoir sur son intégrité physique et psychologique », souligne la famille.
Le communiqué insiste également sur la détermination du journaliste, estimant que ce geste constitue l’aboutissement d’une longue période marquée, selon ses proches, par des poursuites injustes et des atteintes à ses droits fondamentaux.
Appel à la mobilisation et à la solidarité
Face à cette situation, la famille lance un appel à la mobilisation en direction des défenseurs des droits humains, des journalistes, des organisations de la société civile, des personnalités publiques ainsi que des citoyens.
Elle appelle à exprimer une solidarité active avec Mourad Zeghidi et réitère sa demande de mettre fin à ce qu’elle considère comme un acharnement judiciaire.
« Plus que jamais, nous demandons que cesse cet acharnement et que Mourad soit libéré », affirme le communiqué.
La famille conclut en assurant qu’elle restera aux côtés du journaliste « avec détermination, confiance et solidarité ».
Une condamnation définitive jusqu’en 2028
Cette annonce intervient quelques semaines après la confirmation, par la chambre criminelle près la cour d’appel de Tunis, des condamnations prononcées contre Mourad Zeghidi et Borhen Bssais.
Le 12 mai 2026, la juridiction avait confirmé une peine de trois ans et six mois de prison.
Les deux journalistes avaient auparavant été condamnés à huit mois de prison dans le cadre d’une autre affaire fondée sur le décret-loi 54 relatif à la lutte contre les fausses informations et les infractions commises via les systèmes d’information et de communication.
Selon leur avocat, Me Ghazi Mrabet, les condamnations prononcées sont désormais définitives, portant la peine totale à quatre ans et deux mois de prison. Leur libération n’interviendrait ainsi qu’à la fin du mois de juin 2028.
R.B.H










