Un ensemble d’organisations et d’associations de défense des droits humains et de la société civile a exprimé, dans un communiqué conjoint publié vendredi 5 juin 2026, son soutien « total et inconditionnel » aux mobilisations populaires relancées dans le gouvernorat de Gabès, en Tunisie, en défense du droit à la vie, à la santé, à un environnement sain et à un développement équitable.
Parmi les organisations signataires figurent notamment la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, l’Association tunisienne des femmes démocrates, Aswat Nissa, ainsi que Al Bawsala. Figurent également le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, l’Association Afreecan, ainsi que la Coalition tunisienne pour l’abolition de la peine de mort, aux côtés d’autres structures de la société civile engagées dans la défense des droits humains, des libertés et de la justice sociale et environnementale.
Les organisations ont assuré leur appui aux différentes initiatives citoyennes et mouvements sociaux actifs dans la région, notamment le mouvement Stop Pollution, engagé depuis plusieurs années contre la pollution industrielle et pour la fermeture progressive des unités nocives. Elles ont appelé à une réponse effective et immédiate aux revendications des habitants, estimant que la situation actuelle est le résultat de décennies de marginalisation, de pollution et d’atteintes aux droits fondamentaux des populations locales.
Les organisations ont dénoncé, par ailleurs, la persistance d’une politique de tergiversation des autorités face aux revendications environnementales, sociales et économiques de la région, malgré les engagements répétés relatifs au démantèlement des unités industrielles polluantes et à la prise en charge de la crise environnementale que connaît Gabès depuis des décennies.
Selon les signataires, ce refus de mise en œuvre des engagements constitue une forme de déni des droits des citoyennes et citoyens, aggravant un sentiment d’injustice et de discrimination, tout en renforçant l’impunité des responsables des dommages environnementaux et sanitaires subis par la région.
Elles ont rappelé que le droit à un environnement sain, à un développement juste et à la protestation pacifique est un droit constitutionnel et universel, qui ne saurait faire l’objet ni de marchandage ni de report, estimant que les solutions partielles ou temporaires ne sont plus suffisantes face à l’ampleur de la crise.
Dans ce contexte, les signataires ont appelé également l’ensemble des forces vives – associations, syndicats, acteurs politiques et citoyens – à se mobiliser autour des revendications de la région et à participer aux actions programmées par le mouvement Stop Pollution sous le slogan « Le peuple veut le démantèlement des unités ».
Le calendrier des mobilisations prévoit, pour le 5 juin 2026, une première série de rassemblements : une manifestation à la place des militants à Chatt Essalem à Gabès à partir de 17 heures, ainsi qu’un sit-in devant le siège du groupe chimique à Tunis à partir de 18 heures.
Le 6 juin 2026, une marche populaire est annoncée à Gabès, partant du Tribunal de première instance en direction du siège du gouvernorat à 17 heures.
N.J










