La chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Siliana a accepté, lundi 8 juin 2026, les demandes de remise en liberté des neuf élèves placés en détention dans une affaire de fraude au baccalauréat.
Cette décision intervient quelques jours seulement après leur incarcération, une mesure qui avait provoqué une vive polémique et relancé le débat sur la manière dont la justice traite les cas de triche lors des examens nationaux.
Les neuf candidats avaient été interpellés après avoir été surpris en possession d’oreillettes destinées à recevoir des réponses pendant une épreuve du baccalauréat organisée dans un centre relevant de la délégation de Bouarada. Sur décision du ministère public près le Tribunal de première instance de Siliana, ils avaient été placés en détention provisoire en vertu des dispositions pénales réprimant la fraude aux examens.
Si la fraude aux examens nationaux fait l’objet d’une condamnation quasi unanime, l’incarcération de ces lycéens a suscité de nombreuses interrogations. Plusieurs observateurs ont rappelé que l’arsenal disciplinaire prévu par la réglementation est déjà particulièrement sévère, avec notamment l’annulation des épreuves, l’invalidation du baccalauréat et, dans certains cas, l’interdiction de se présenter à nouveau à l’examen pendant plusieurs sessions.
Pour ces critiques, le recours à la détention provisoire marque une étape supplémentaire, en faisant basculer des fautes commises dans un cadre scolaire vers un traitement relevant du droit pénal commun.
La remise en liberté des neuf élèves ne met toutefois pas fin à la procédure judiciaire engagée contre eux, mais elle apaise provisoirement une affaire qui a fortement divisé l’opinion publique ces derniers jours.
N.J










