Porté par une progression de 43% de son bénéfice net part du groupe et par une structure financière en nette amélioration, OneTech Holding aborde une nouvelle phase de son développement. Lors de son assemblée générale ordinaire du mardi 9 juin 2026, tenue à l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), sous la tutelle de Moncef Sellami, président du conseil d’administration, et en présence du directeur général, Hédi Sellami, les actionnaires ont approuvé un dividende de 0,33 dinar par action et pris connaissance de résultats 2025 marqués par une amélioration de la rentabilité, une baisse de l’endettement et la poursuite des investissements. Les débats ont également porté sur l’introduction en Bourse de Tunisie Câbles, première étape de la séparation des activités Câbles et Mécatronique, ainsi que sur les perspectives de croissance du groupe dans l’aéronautique et la mobilité électrique, au Maroc et dans les activités à forte valeur ajoutée. Malgré les tensions persistantes sur les matières premières et les incertitudes géopolitiques, les dirigeants estiment désormais que certains objectifs du plan Challenge 2028, initialement projetés à l’horizon 2030, pourraient être atteints dès 2027 ou 2028.

Une année 2025 solide dans un environnement toujours instable
Dès l’ouverture de l’assemblée, Moncef Sellami a tenu à replacer les performances du groupe dans leur contexte.
« L’année 2025 a été une année difficile, compte tenu de la conjoncture internationale ainsi que des contraintes et difficultés. N’empêche que le groupe One Tech a réalisé des performances dans le domaine des câbles, de l’électronique ou de ses autres activités », a-t-il déclaré, évoquant à la fois les incertitudes internationales et les défis économiques auxquels les entreprises tunisiennes continuent d’être confrontées.
L’objectif étant de consolider l’activité du groupe à l’étranger à travers l’acquisition de nouveaux marchés et de nouveaux projets, a-t-il expliqué, estimant que la société a réussi ce pari puisque ses produits sont aujourd’hui présents sur de nombreux marchés internationaux. Et de marteler que la position de OneTech demeure solide dans ses différents métiers.
Malgré cet environnement complexe, le président du conseil d’administration a insisté sur un point : OneTech n’a pas ralenti ses investissements. Bien au contraire. Il a évoqué dans ce cadre l’ouverture d’une deuxième activité au Maroc, qui connaît une évolution particulièrement satisfaisante.
« Les investissements se poursuivent, nous n’avons pas arrêté nos investissements », a-t-il affirmé, soulignant que le groupe dispose déjà d’une feuille de route d’investissement couvrant les trois prochaines années.
Pour Moncef Sellami, l’enjeu ne consiste plus uniquement à produire davantage, mais à créer davantage de valeur.
« Nous insistons davantage sur la matière grise », a-t-il expliqué, évoquant la montée en compétence des équipes, l’ingénierie, l’intelligence artificielle et l’intégration croissante de valeur ajoutée dans les produits du groupe.
Pour le président du conseil d’administration, cette montée en gamme constitue désormais l’un des principaux leviers de compétitivité du groupe. Dans un environnement industriel marqué par l’intensification de la concurrence internationale et l’accélération des mutations technologiques, OneTech cherche à renforcer la part des activités à forte valeur ajoutée en misant davantage sur l’ingénierie, l’électronique, la mécatronique et les solutions technologiques avancées.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la stratégie engagée ces dernières années visant à faire évoluer progressivement le groupe d’un rôle de sous-traitant industriel vers celui de partenaire technologique capable d’accompagner ses clients depuis la conception jusqu’à la production.
Cette vision a été prolongée par Hédi Sellami, qui a dressé le tableau d’un monde industriel en pleine transformation.
Le dirigeant a rappelé que depuis la pandémie de Covid-19, les industriels évoluent dans un environnement marqué par des changements permanents : réorganisation des chaînes d’approvisionnement, émergence de nouveaux acteurs asiatiques, disparition de certaines marques historiques et bouleversements technologiques.
« Aujourd’hui, en termes de business, nous sommes en train de passer par un moment de transformation assez complexe », a-t-il expliqué.
Pour autant, le directeur général a insisté sur le fait que le groupe abordait ces changements avec optimisme.

Des résultats en nette amélioration malgré un contexte difficile
Dans ce contexte, OneTech Holding a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires consolidé de près de 1,08 milliard de dinars, en hausse d’environ 3% par rapport à l’exercice précédent.
Le groupe demeure l’un des principaux exportateurs privés du pays avec 925 millions de dinars d’exportations, confirmant sa forte orientation internationale.
L’EBITDA consolidé s’est établi à près de cent millions de dinars, tandis que le résultat d’exploitation a progressé à 62,8 millions de dinars.
Mais le chiffre qui a retenu l’attention des actionnaires est incontestablement celui du résultat net part du groupe, qui atteint 43,26 millions de dinars, contre 30,2 millions de dinars un an auparavant, soit une progression supérieure à 43%.
Cette amélioration s’est accompagnée d’une progression des indicateurs de rentabilité.
Le rendement des capitaux propres (ROE) s’est établi autour de 10%, tandis que la rentabilité du capital investi a également poursuivi son amélioration.
Hédi Sellami a souligné que le groupe était progressivement revenu sur sa trajectoire de croissance après plusieurs années perturbées par les conséquences de la pandémie, les tensions inflationnistes et les difficultés d’approvisionnement.
Des performances plus solides qu’il n’y paraît
L’un des enseignements les plus intéressants de l’assemblée est venu des explications fournies par le secrétaire général du groupe, Zouhaier Ben Khelifa.
Celui-ci a invité les actionnaires à dépasser la simple comparaison des chiffres publiés.
À première vue, les résultats d’exploitation affichent une progression relativement modérée entre 2024 et 2025. Mais cette lecture ne reflète pas totalement la réalité opérationnelle.
Le responsable a rappelé que les comptes de 2024 avaient bénéficié de la cession de la filiale Helioflex, qui avait généré une plus-value exceptionnelle importante.
Au niveau individuel, cette opération avait produit une plus-value de près de 13,6 millions de dinars.
Au niveau consolidé, son impact positif avoisinait dix millions de dinars.
Ainsi, la comparaison brute entre les deux exercices sous-estime en réalité la progression des activités industrielles du groupe.
Autrement dit, la performance 2025 repose davantage sur l’amélioration intrinsèque des métiers du groupe que sur des éléments exceptionnels.
Cette précision est importante car elle traduit une amélioration de la qualité du résultat. Le groupe gagne davantage grâce à son activité industrielle et moins grâce à des opérations ponctuelles.
Cette lecture est d’autant plus importante que la hausse du résultat net ne provient pas uniquement de l’amélioration des activités industrielles.
Zouhaier Ben Khelifa a également mis en avant la nette amélioration de la gestion financière du groupe. Les charges financières nettes ont fortement diminué grâce à la réduction de l’endettement et à une meilleure maîtrise des pertes de change.
Cette évolution a contribué de manière significative à la progression du résultat net consolidé, démontrant que l’amélioration des performances résulte à la fois d’une meilleure efficacité opérationnelle et d’un assainissement progressif de la structure financière.
Une structure financière renforcée
L’amélioration des résultats s’est accompagnée d’un renforcement notable de la structure financière.
Les capitaux propres consolidés ont poursuivi leur progression tandis que l’endettement a continué de reculer. Les emprunts et dettes assimilées sont revenus à environ 38 millions de dinars, contre plus de 70 millions de dinars un an auparavant.
Les charges financières nettes ont pratiquement été divisées par deux, passant d’environ 15,9 millions de dinars à 8,9 millions de dinars.
Cette amélioration s’explique à la fois par la baisse de l’endettement et par une meilleure maîtrise du risque de change.
Le groupe conserve par ailleurs une trésorerie confortable, même si celle-ci a légèrement diminué en raison des investissements réalisés et du remboursement d’une partie des dettes financières.
Pour les dirigeants, cette situation financière constitue aujourd’hui un véritable avantage concurrentiel dans un contexte où les tensions sur les matières premières nécessitent davantage de liquidités pour sécuriser les approvisionnements.
Le besoin en fonds de roulement a néanmoins progressé durant l’exercice. Cette évolution résulte notamment de l’augmentation des stocks constitués afin de sécuriser les approvisionnements dans un contexte marqué par de fortes tensions sur certaines matières premières stratégiques.
Cette hausse du BFR a d’ailleurs été évoquée à plusieurs reprises lors des débats avec les actionnaires. Selon les dirigeants, elle explique en partie la prudence observée dans la politique de distribution, le groupe souhaitant préserver les ressources nécessaires au financement de son cycle d’exploitation et de ses investissements futurs.

La mécatronique confirme sa montée en puissance
L’analyse des différents métiers montre que la mécatronique continue de jouer un rôle moteur dans la création de valeur.
Cette activité a généré environ 530 millions de dinars de revenus et affiche des niveaux de marge nettement supérieurs à ceux de la câblerie.
Hédi Sellami a rappelé que la mécatronique intègre davantage d’ingénierie, de développement et de savoir-faire technique.
« Il y a beaucoup plus d’ingénierie, beaucoup plus de valeur ajoutée », a-t-il expliqué.
Cette dynamique s’inscrit également dans un contexte de diversification progressive des débouchés. Si l’automobile demeure le principal marché adressé par le pôle mécatronique, la direction a souligné que les nouveaux clients et projets proviennent de plus en plus d’autres secteurs industriels.
Cette évolution vise à réduire progressivement la dépendance du groupe à l’industrie automobile européenne et à élargir les sources de croissance du pôle.
La diversification progressive des marchés adressés constitue également un élément important.
Si l’automobile reste un débouché majeur, le groupe cherche désormais à renforcer sa présence dans d’autres secteurs industriels à plus forte croissance.
Une câblerie portée par l’électrification mondiale
De son côté, la câblerie continue de bénéficier des grandes tendances liées à l’électrification de l’économie.
Hédi Sellami a souligné que la consommation mondiale d’énergie ne cessait d’augmenter et que la transition énergétique constituait un puissant moteur de croissance.
L’électrification des transports, le développement des infrastructures énergétiques et les investissements dans les réseaux soutiennent la demande de câbles.
Le groupe développe notamment des produits de moyenne tension destinés aux marchés européens.
Cette activité a généré plus de 510 millions de dinars de chiffre d’affaires en 2025.
Même si les marges restent plus modestes que dans la mécatronique, la câblerie conserve un fort potentiel de croissance grâce à la dynamique mondiale de l’électrification.
Dividende : les actionnaires en demandent davantage
Comme lors des précédentes assemblées générales, la question du dividende a animé les débats.
Le conseil d’administration a proposé la distribution d’un dividende de 0,33 dinar par action, correspondant à une enveloppe globale de 26,53 millions de dinars. Le détachement est fixé au 23 juin 2026.
Cette proposition représente une hausse de plus de 22% par rapport aux 0,27 dinar distribués au titre de l’exercice précédent.
Pour plusieurs actionnaires, cette progression demeure toutefois insuffisante au regard de la hausse du bénéfice et des perspectives favorables du groupe. Certains ont rappelé que les bénéfices avaient fortement progressé et qu’une distribution plus généreuse pouvait être envisagée.
La direction a opposé une fin de non-recevoir. Moncef Sellami a défendu une approche prudente fondée sur la préservation des équilibres financiers.
« Je ne peux pas aller à la banque pour financer les dividendes que je vais donner aux actionnaires », a-t-il lancé.
Le président a rappelé que le groupe devait financer simultanément sa croissance, ses investissements, l’augmentation du besoin en fonds de roulement et la future réorganisation de ses activités.
Le DG a insisté, pour sa part, sur le fait que les distributions avaient fortement progressé au cours des dix dernières années.
« Ce que nous distribuons aujourd’hui a été multiplié par trois », a-t-il affirmé.
Les discussions ont également porté sur l’augmentation de capital par incorporation de réserves, un sujet régulièrement soulevé par les actionnaires lors des assemblées générales du groupe. Moncef Sellami a rappelé que cette opération demeurait à l’étude et qu’elle s’inscrivait dans la continuité des engagements déjà évoqués lors des précédentes réunions avec les actionnaires.
Le président du conseil d’administration a souligné que le groupe cherchait à préserver un équilibre entre la rémunération des actionnaires, le financement de sa croissance et le maintien d’une structure financière solide. Cette opération reste ainsi liée à l’évolution de la situation financière du groupe et à ses besoins d’investissement dans les années à venir.

Tunisie Câbles en Bourse : la scission entre dans une nouvelle phase
Le principal sujet stratégique de cette AGO a néanmoins été la séparation des activités du groupe.
Le projet n’est pas nouveau. En août 2025, le conseil d’administration avait validé le principe d’une scission complète entre les pôles Câbles et Mécatronique.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du plan stratégique « Challenge 2028 », qui vise à renforcer la spécialisation des métiers, améliorer les performances du groupe et accélérer son développement à l’international.
En septembre puis en décembre 2025, le groupe avait communiqué sur les travaux engagés avec EY Parthenon, MAC SA et Tunisie Valeurs afin d’étudier les différents aspects stratégiques, financiers, juridiques et sociaux de l’opération.
Mais l’assemblée du 9 juin 2026 a permis d’apporter plusieurs précisions importantes.
Hédi Sellami a confirmé que la première étape du processus passerait par l’introduction en Bourse de Tunisie Câbles. « Tunisie Câbles sera cotée et séparée », a-t-il expliqué.
Le dirigeant a également indiqué que les discussions avec le Conseil du marché financier étaient déjà engagées.
Selon lui, le régulateur accompagne activement le projet afin d’identifier le meilleur schéma de mise en œuvre.
Pourquoi séparer les deux métiers ?
Face aux interrogations des actionnaires, Hédi Sellami a détaillé les raisons qui poussent le groupe à poursuivre cette transformation.
Selon lui, les deux activités ont progressivement évolué vers des modèles économiques très différents.
La câblerie est devenue une activité industrielle mature, fortement liée aux volumes et aux marchés de l’énergie.
La mécatronique repose davantage sur l’innovation, l’ingénierie, les développements spécifiques et les partenariats technologiques.
« Nous avons travaillé pendant des années pour essayer de trouver des synergies et cela ne marche pas », a-t-il expliqué.
Le directeur général estime que la spécialisation constitue désormais une nécessité.
L’objectif est également de rendre chaque activité plus lisible pour les investisseurs et plus attractive pour d’éventuels partenaires stratégiques.
Plusieurs groupes internationaux auraient déjà manifesté leur intérêt pour certains métiers du groupe.
Cette stratégie répond également à l’évolution des marchés internationaux. Les grands groupes industriels recherchent aujourd’hui des partenaires spécialisés, capables de se concentrer sur un métier précis et de développer une expertise pointue dans leur domaine. Pour la direction de OneTech, la séparation des deux pôles doit permettre à chacun d’eux de développer sa propre stratégie, sa propre gouvernance et, à terme, ses propres partenariats industriels et financiers.
Quel impact pour les actionnaires ?
Cette question a naturellement suscité de nombreuses interrogations.
Les dirigeants ont toutefois précisé que l’introduction en Bourse de Tunisie Câbles n’aurait pas d’impact immédiat sur les actionnaires de OneTech Holding.
À ce stade, OneTech restera l’actionnaire principal de sa filiale. Les modalités de la séparation finale n’ont pas encore été arrêtées.
Le management s’est néanmoins engagé à communiquer largement avant toute opération affectant directement les actionnaires.
Les dirigeants ont insisté sur le fait que plusieurs scénarios demeuraient à l’étude et que les modalités définitives seraient arrêtées en concertation avec le Conseil du marché financier et les différents conseils accompagnant l’opération.
À terme, l’objectif affiché reste toutefois que les actionnaires de OneTech puissent continuer à bénéficier de la création de valeur générée par les deux activités.

Automobile, aéronautique et Maroc : les nouveaux moteurs de croissance
Les actionnaires ont également interrogé la direction sur la forte exposition du groupe au secteur automobile européen.
Hédi Sellami a reconnu que ce marché traversait une phase de stagnation. Pour autant, il ne considère pas cette situation comme une menace majeure.
« Chaque fois qu’il y a eu une récession, cela a été une période de croissance pour nous », a-t-il affirmé.
Selon lui, les périodes de ralentissement favorisent souvent la redistribution des parts de marché au profit des fournisseurs les plus compétitifs.
Les dirigeants ont également souligné la montée en puissance des acteurs asiatiques, en particulier chinois, dans l’industrie automobile mondiale.
Selon eux, le centre de gravité du véhicule électrique se déplace progressivement vers l’Asie, où les constructeurs chinois multiplient les investissements et gagnent des parts de marché sur les marchés internationaux.
Cette évolution constitue à la fois un défi et une opportunité pour les équipementiers comme OneTech, qui cherchent à développer de nouveaux partenariats industriels et commerciaux avec ces acteurs émergents.
Parallèlement, OneTech poursuit sa diversification. L’aéronautique apparaît désormais comme un axe stratégique majeur. Khaled Daami, directeur général de la filale Eleonetech, a expliqué que le groupe venait d’obtenir les certifications nécessaires pour accéder à ce marché. Les premières démarches commerciales et les prospections sont déjà engagées. Selon lui, les grands donneurs d’ordre du secteur disposent aujourd’hui d’une visibilité exceptionnelle, avec des carnets de commandes remplis jusqu’en 2031, voire 2035.
L’obtention des certifications aéronautiques constitue ainsi une étape importante dans la stratégie de diversification du groupe. Les dirigeants considèrent ce marché comme l’un des plus prometteurs des prochaines années en raison de ses perspectives de croissance, de ses exigences technologiques élevées et de sa visibilité à long terme.
Le Maroc constitue également un important relais de croissance. Les dirigeants ont souligné à plusieurs reprises le dynamisme de la plateforme industrielle marocaine et les opportunités qu’elle offre, notamment dans l’automobile et l’électronique.
Les dirigeants ont rappelé que la deuxième activité lancée au Maroc connaît une montée en puissance rapide, portée notamment par le dynamisme de l’écosystème automobile local.
L’activité du groupe dans le royaume connaît une progression soutenue. Les investissements réalisés ces dernières années commencent à produire leurs effets et la direction considère désormais le Maroc comme l’un des principaux moteurs de développement du pôle mécatronique.
Le Code du travail n’a pas eu d’impact majeur
Interrogée sur les conséquences du nouveau Code du travail, la direction a indiqué que son impact restait limité. Les responsables ont expliqué que le groupe employait déjà une très large majorité de salariés sous contrat à durée indéterminée. La hausse de la masse salariale observée en 2025 provient essentiellement des augmentations habituelles et de l’évolution des effectifs.
Les dirigeants ont même souligné que leur principal défi résidait davantage dans la difficulté à recruter certaines compétences que dans les contraintes réglementaires.
Selon le management, l’enjeu n’est plus seulement de créer des emplois mais également d’attirer, de former et de fidéliser les profils qualifiés nécessaires à la montée en gamme des activités du groupe et à son développement dans les métiers à plus forte valeur ajoutée.
ESG : une dimension désormais incontournable
Comme de nombreuses sociétés cotées, OneTech consacre désormais une place croissante aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
Hédi Sellami a rappelé que ces indicateurs font désormais partie intégrante des exigences du marché financier et des attentes des investisseurs.
Sur le plan environnemental, le groupe poursuit ses efforts de réduction de sa consommation énergétique, de sa consommation d’eau et de son empreinte carbone.
Les indicateurs publiés pour 2025 font ressortir plusieurs avancées. La consommation totale d’énergie a diminué de 1,8% par rapport à 2024, tandis que la consommation d’eau a reculé de 6,2%. Les émissions de gaz à effet de serre (Scopes 1 et 2) ont pour leur part baissé de 4,2%.
Ces résultats découlent notamment de plusieurs actions d’optimisation mises en œuvre au sein des différents sites du groupe, parmi lesquelles l’installation de variateurs de vitesse sur les compresseurs d’air comprimé, le remplacement progressif des tubes fluorescents par des éclairages LED, l’installation de détecteurs de mouvement pour l’éclairage automatique ainsi que différentes mesures visant à améliorer l’efficacité énergétique des équipements industriels.
Le groupe a également renforcé ses dispositifs de gestion de l’eau à travers la mise en place de systèmes de récupération en circuit fermé pour le refroidissement des moules et des machines, la réparation des fuites détectées lors des audits hydrauliques périodiques et l’intégration du suivi des équipements dans les programmes de maintenance préventive.
OneTech poursuit également le déploiement de son programme photovoltaïque. À fin 2025, la puissance installée atteignait 2.419 kWc, permettant de couvrir environ 16% du mix énergétique du groupe. La production annuelle est estimée à 3,5 millions de kWh, soit l’équivalent d’environ 2.400 tonnes de CO₂ évitées chaque année, ce qui correspond au retrait de plus de mille véhicules de la circulation.
Les dirigeants ont rappelé que ces investissements répondaient à la fois à des impératifs économiques et à l’évolution des exigences des clients internationaux, particulièrement en Europe, où les critères environnementaux jouent désormais un rôle croissant dans la sélection des fournisseurs.
Sur le plan social, OneTech comptait à fin 2025 près de 4.948 collaborateurs. La part des femmes dans les effectifs a atteint 54,5%, traduisant une progression continue de la diversité au sein du groupe.
Le taux de fréquence des accidents du travail a également poursuivi sa baisse, illustrant les efforts engagés en matière de santé et de sécurité au travail.
Le groupe a ainsi réalisé en 2025 plus de 74.000 heures de formation, en hausse de 25,7% par rapport à l’exercice précédent. Cette politique vise à accompagner la transformation des métiers, notamment dans les domaines de l’électronique, de la mécatronique, de la digitalisation et de l’intelligence artificielle.
Les dirigeants ont rappelé à plusieurs reprises que l’industrie évoluait rapidement et que la compétitivité future dépendrait de plus en plus du savoir-faire, de l’ingénierie et de la capacité d’innovation des équipes.
Hédi Sellami a également souligné les difficultés croissantes de recrutement auxquelles sont confrontés les industriels.
« Aujourd’hui, nous avons un gros souci de disponibilité de main-d’œuvre, de cadres et de compétences », a-t-il indiqué, estimant que l’enjeu n’était plus seulement de créer des emplois mais surtout d’attirer et de fidéliser les profils qualifiés nécessaires à la montée en gamme du groupe.
En matière de gouvernance, le groupe continue de renforcer ses dispositifs de conformité et de sécurité, notamment à travers plusieurs certifications internationales portant sur la qualité, la sécurité de l’information et la protection des données.
Les dirigeants ont également rappelé l’importance accordée aux politiques de conformité, de lutte contre la corruption et de protection des données, devenues des critères essentiels pour travailler avec les grands groupes internationaux.

Malgré les tensions sur les matières premières, le groupe reste confiant
Les dirigeants ont reconnu que les tensions sur les matières premières demeuraient l’un des principaux risques pour les prochains mois.
Le cuivre et l’aluminium ont connu des hausses importantes.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient compliquent également les approvisionnements de certains intrants liés à la pétrochimie.
Pour faire face à cette situation, le groupe a constitué des stocks importants.
Hédi Sellami a indiqué que certaines matières premières étaient aujourd’hui sécurisées jusqu’à la fin de l’année.
La solidité financière retrouvée du groupe lui permet justement de financer ces stocks stratégiques.
Les dirigeants ont souligné que cette capacité à constituer des stocks importants constitue aujourd’hui un avantage concurrentiel.
Grâce à sa situation financière renforcée, OneTech est en mesure d’acheter et de stocker certaines matières premières sur plusieurs mois lorsque les conditions l’exigent.
Selon Hédi Sellami, plusieurs concurrents internationaux rencontrent aujourd’hui davantage de difficultés pour sécuriser leurs approvisionnements, ce qui pourrait créer de nouvelles opportunités commerciales pour le groupe.
Cette capacité à sécuriser la chaîne d’approvisionnement apparaît aujourd’hui comme un facteur de différenciation important dans un contexte où de nombreux industriels demeurent exposés aux ruptures logistiques et aux fortes fluctuations des marchés des matières premières.
Des objectifs qui pourraient être atteints avant 2030
Pour 2026, le groupe prévoit un chiffre d’affaires consolidé d’environ 1,18 milliard de dinars, un EBITDA supérieur à 105 millions de dinars, un résultat d’exploitation avoisinant 76 millions de dinars et un résultat net consolidé de l’ordre de 52 millions de dinars.
Le budget d’investissement pour l’exercice s’élève à près de 28 millions de dinars, répartis entre les activités câblerie et mécatronique.
Ces objectifs traduisent la confiance du management dans la capacité du groupe à poursuivre sa croissance malgré un environnement international qui demeure volatil.
Malgré ces défis, le ton général de l’assemblée est resté résolument optimiste.
Le budget 2026 prévoit une nouvelle progression des revenus, de l’EBITDA et du résultat net.
Mais l’un des messages les plus marquants est venu des commentaires du directeur général sur le plan stratégique du groupe.
Hédi Sellami a expliqué que certaines activités progressaient plus rapidement qu’anticipé.
Selon lui, les hypothèses retenues lors de la présentation du plan de développement l’année précédente sont déjà en cours de révision.
Pour certaines activités, les objectifs initialement fixés pour 2030 pourraient être atteints dès 2027 ou 2028.
Cette accélération potentielle reflète la montée en puissance de la mécatronique, les opportunités offertes par l’aéronautique, la croissance du Maroc et les effets attendus de la spécialisation future des métiers.
Les dirigeants ont toutefois rappelé que le contexte international demeurait complexe et exigeait une grande capacité d’adaptation. Les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés des matières premières, les transformations du secteur automobile et l’évolution rapide des technologies continueront de peser sur l’environnement des affaires.
Pour autant, la direction estime que le groupe dispose aujourd’hui d’atouts solides pour poursuivre son développement : une structure financière assainie, un portefeuille d’activités diversifié, une présence internationale renforcée, une capacité d’investissement préservée et des équipes dont les compétences continuent de monter en puissance.
Après plusieurs années marquées par les perturbations post-Covid, l’inflation des matières premières et les tensions sur les chaînes logistiques mondiales, OneTech semble ainsi entrer dans une nouvelle phase de son histoire. Le groupe dispose aujourd’hui d’une situation financière assainie, d’activités en progression et d’une vision stratégique plus lisible. Entre la future introduction en Bourse de Tunisie Câbles, la montée en gamme technologique, l’ouverture vers de nouveaux secteurs industriels et l’expansion internationale, les prochains exercices pourraient bien marquer le début d’un nouveau cycle de croissance pour l’un des principaux groupes industriels tunisiens.

Imen NOUIRA










