Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Afreximbank : le prix du meilleur prêt… mais à quel coût pour la Tunisie ?

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Sadok Rouai

    Par Sadok Rouai

    L’Afreximbank tiendra son assemblée annuelle la semaine prochaine en Égypte.

    Il s’agit pourtant de l’une des rares institutions financières multilatérales où l’information la plus élémentaire demeure difficile d’accès. Sur son site internet, il est pratiquement impossible d’obtenir des informations détaillées sur les prêts accordés, leurs conditions financières ou les garanties exigées. Quant aux rapports annuels, le dernier disponible remonte à 2024 et ressemble davantage à une brochure promotionnelle qu’à un véritable exercice de transparence financière.

    L’ironie est que la banque met fièrement en avant les distinctions qu’elle reçoit. Parmi elles figure un prix récompensant le « Best Sovereign Loan: Tunisia’s US$500 Million Loan ». Autrement dit, un prêt dont les conditions apparaissent particulièrement onéreuses pour la Tunisie est présenté comme un modèle de réussite financière.

    Créée pour financer et promouvoir le commerce intra-africain, l’Afreximbank s’est progressivement transformée, dans le cas tunisien, en prêteur de dernier ressort. Cette évolution s’est accompagnée de conditions de financement inédites imposées à la Banque Centrale de Tunisie (BCT), notamment l’obligation de maintenir auprès de la banque une part substantielle des montants empruntés sous forme de dépôts de garantie.

    Dans une série d’articles, nous avons détaillé le coût réel de ces mécanismes de financement

    Ainsi, sur deux prêts identifiés totalisant 1,2 milliard de dollars, la BCT est tenue de maintenir 750 millions de dollars en dépôts auprès de l’Afreximbank pendant plusieurs années.

    Le nouveau prêt de 500 millions de dollars récemment approuvé sera probablement finalisé à l’occasion des réunions de la semaine prochaine.

    À quelles conditions ?

    Pour l’instant, circulez, il n’y a rien à voir.

    La seule consolation est que l’on ne peut pas reprocher à l’Assemblée des représentants du peuple d’être une simple chambre d’enregistrement des emprunts extérieurs. Sur ce dossier, elle semble avoir été purement et simplement court-circuitée.

    Quant à l’Afreximbank, elle paraît parfaitement informée sur son client tunisien. Une présentation récente de l’institution indiquait que le dinar tunisien avait été créé en 1960, alors qu’il a été institué en 1958. Une erreur révélatrice pour une institution qui prétend connaître en profondeur les économies africaines qu’elle finance.

    Une institution peu transparente sur les conditions de ses prêts et approximative sur l’histoire monétaire de son client.

    BIO EXPRESS

    Sadok Rouai est un ancien haut cadre de la BCT et ancien conseiller auprès du conseil d’administration du FMI.

    Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *